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Nous sommes heureux de vous annoncer que les inscriptions au 5e colloque du CIST sont ouvertes jusqu’au 10 novembre.
Pour faire face aux mesures actuelles, nous optons pour une formule de participation soit sur place, soit à distance.

 présentielà distance
Comité d’organisation / comité scientifique / porteurs de session00
Etudiant.e2510
Communicant.e5020
Participant.e7530
Invité.e00
Frais d’inscription CIST2020

Après une inscription formelle, nous vous demanderons de vous inscrire aux sessions qui vous intéressent : cela nous permettra de respecter les obligations sanitaires et de gérer au mieux les flux de connexions.

En savoir plus

(les titres des communications sont encore provisoires)

 

A l’issue du conseil scientifique qui s’est tenu, pendant le confinement, le 31 mars dernier en visio-conférence sur la base de trois expertises en double aveugle par proposition, 144 communications ont été retenues dans 16 des 21 sessions, complétées par une session varia (titres non définitifs).

  • A- Le temps de l’île. Les territoires insulaires au prisme des multiples temporalités

    voir la présentation de la session A sur le site du colloque

    – Canvey Island: The effects of Group Action of Satmar Community (Flint Shlomit, Bar Ilan University, Israël)
    – Usages et dynamiques des petites îles de Méditerranée : des territoires de l’isolement à leur intégration sur les scènes internationales. Les exemples de l’archipel du Frioul (France) et des îles Pontines (Italie) (Crouteix Orianne, Temps, espaces, langages Europe méridionale-Méditerranée)
    – Fjaka as Island State of Mind – Cultural Anatomy of Time(lessness) on the Dalmatian Islands of Hvar (Dugi otok et Olib Oroz Tomislav, Department of Ethnology and Anthropology, University of Zadar, Croatie)
    – Isla de Cedros : un espacio mexicano de tiempos múltiples (Baxin Martínez Israel, Universidad Nacional Autónoma de México, Mexique)
    – Multiple timeframes, insularity policies and autonomy instruments (Coinu Giovanni, Demuro Gianmario et Pigliaru Francesco, Universita degli Studi di Cagliari, Italie)
    – Le fenua, entre renouveau culturel et retour à la terre : vers une revalorisation des marges insulaires en Polynésie française (Bernard Sarah, Laboratoire de Géographie Physique et Environnementale, et Mury Florence, Université d’Avignon/Université de la Polynésie Française)
    – Revenir vivre dans une île : un retour entre exaltation et désillusion. Réflexions à partir des îles de Raiatea, Rurutu et Tubuai (Bernard Sarah, Laboratoire de Géographie Physique et Environnementale, et Bernardie-Tahir Nathalie, AUF Agence Universitaire de la Francophonie)
    – Dynamiques touristiques d’une île exposée aux cyclones : le cas de Saint Martin aux Antilles (Grancher Delphine, Cavero Julien et Virmoux Clément, Laboratoire de géographie physique : Environnements Quaternaires et Actuels, Brunstein Daniel, Lieux, Identités, eSpaces, Activités, Moatty Annabelle, LIttoral ENvironnement et Sociétés)

  • B- Les marges créatrices de la mondialisation : espaces, processus, circulations

    voir la présentation de la session B sur le site du colloque

    – Corridors routiers et réorganisation linéaire des hommes et des activités économiques dans le Cameroun septentrional (Atangana Bamela Hyacinthe, Institut National de la Cartographie, Cameroun, et Ndame Joseph Pierre, Université de Ngaoundéré, Cameroun)
    – Roșia Montană, marges et cyber-activisme environnemental : quand les montagnes roumaines s’invitent au siège des multinationales canadiennes (Rufat Samuel, Université de Cergy-Pontoise/Institut Universitaire de France)
    – Les lieux du religieux : des marges créatrices des circulations transnationales ? Héritages et innovation dans la production urbaine (Rozenholc Caroline, Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement)
    – Marges mondialisées et dynamiques de régionalisation : reconfigurations socio-spatiales autour des gisements lithinifères andins (Serandour Audrey, Pôle de recherche pour lórganisation et la diffusion de línformation géographique)
    – Ben Gardane, une marge au centre des réseaux marchands mondialisés en Tunisie (Doron Adrien, Laboratoire Dynamiques Sociales et Spatiales/European Research Council program TARICA)
    – Régionaliser l’espace public européen au prisme de l’agenda médiatique des migrations (2014-2018) (Grasland Claude, Toureille Etienne, et Leconte Romain, Collège international des sciences territoriales/Géographie-cités)

  • C- Inégalités de santé. Appréhender les logiques spatiales et temporelles des changements sanitaires

    voir la présentation de la session C sur le site du colloque

    – Inégalités de chances d’accès à la complétude vaccinale chez les enfants de 12-23 mois au Cameroun entre 2000 et 2014 (Seukam Kouenkap Stephane Brice et Nogue Nzouwo Lionel, MINEPAT, Cameroun)
    – The urban bias in causes-of-death patterns in Latin America (Garcia Jenny, Institut national d’études démographiques)
    – Mortalité par malnutrition chez les enfants et son rapport aux territoires. Colombie 2003 – 2012 (Ruiz Nubia, Universidad nacional de Colombia/Departamento de Sociología, Colombie)
    – L’impact des zonages déficitaires sur les disparités territoriales d’infirmiers libéraux (Duchaine Fanny, Chevillard Guillaume et Mousques Julien, Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé)
    – Indice de pénurie de médecins comme méthode d’évaluation espace-temps du programme Plus Médecins à Belo Horizonte – Minas Gerais (Brésil) (De Oliveira Faria Erick, Territoires, Villes, Environnement & Société)
    – L’Accident Vasculaire Cérébral : caractériser les inégalités de répartition en région Rhône-Alpes à l’aide d’outils géographiques (Renard Florent, Environnement Ville Société, Schott Anne-Marie, El Khoury Carlos, Tazarourte Karim et Freyssenge Julie, Laboratoire HESPER)

  • D- Les réformes territoriales entre résilience et innovation. Quelle temporalité pour quelles populations ?

    voir la présentation de la session D sur le site du colloque

    – Le territoire et le droit (Bony-Cisternes Romain, Aix-Marseille Université – Faculté de droit et de science politique – Centre de recherches administratives)
    – Territoire et gouvernance face au brexit : la gestion multi-scalaire du brexit comme témoin du New Public Management (Thillard Robin, Identités et Différenciation de lÉnvironnement des Espaces et des Sociétés)
    – Le parc naturel marin : outil de conciliation des activités maritimes avec la protection du littoral ? (Dumas Perrine, Centre Universitaire Rouennais d’études juridiques/Lieux, Identités, eSpaces, Activités)
    – Present and future of the use of social participation and technology as tools for the development of public spaces in Mexico (Alvarado Vazquez Sergio, Faculty of Geo-Information Science and Earth Observation, Pays-Bas, et Casiano Flores Cesar, KU Leuven Public Governance Institute, Belgique)
    – Des recompositions territoriales à l’anticipation territoriale (Le Fur Rémi, Politiques publiques, ACtion politique, TErritoires)
    – Entre innovation et tradition, la problématique des recompositions de la gouvernance territoriale en Algérie (Benamara-Sait Karima, Université Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou/Université Akli Monhand Oulhadj Bouira, Algérie)
    – La gouvernance urbaine face au patrimoine. Quelle place pour la société civile dans le feuilleté réglementaire, entre temps de l’aménagement et temps de la mémoire ? (Zamant Véronique, Laboratoire d’Histoire de l’Architecture Contemporaine)
    – Les remaniements de la souveraineté territoriale nationale. Un paradoxe européen. Le cas de la France (Kahn Sylvain, Centre d’histoire de Sciences Po)
    – Faire territoire pour la jeunesse. Le cas d’un programme à vocation innovante au sein de la Métropole Européenne de Lille (France) (Kergosien Eric, Groupe d’Etudes et de Recherche Interdisciplinaire en Information et Communication, Ferchaud Flavie, Territoires, Villes, Environnement, Société, Boone Damien et Dumont Marc)

  • E- Trajectoires des individus et trajectoires des territoires. Approches longitudinales et interactions

    voir la présentation de la session E sur le site du colloque

    – Les tiers-lieux et espaces de coworking en Drôme et en Ardèche : entre utopie villageoise et métropolisation (Flipo Aurore, Laboratoire Aménagement Économie Transports/Pacte, Laboratoire de sciences sociales)
    – Trajectoires familiales et transformations des anciennes périphéries des métropoles latino-américaines : le cas de Gustavo Restrepo à Bogotá (Colombie) (Dureau Françoise, Migrinter)
    – Mobilité et stratégies résidentielles des personnes âgées dans le processus de sprawl en Spagne (López Villanueva Cristina, Departament de Sociologia/Universitat de Barcelona, Espagne, et Garcia Coll Arlinda, Departament de Geografia/Universitat de Barcelona, Espagne)
    – Trajectoires mobilitaires et contextes résidentiels : quelles interactions pour les habitants périurbains et ruraux ? (Cailly Laurent, Oppenchaim Nicolas et Huyghe Marie, Cités, Territoires, Environnement et Sociétés)
    – Un modèle multi points de vue pour représenter les trajectoires de vie (Gensel Jérôme, Villanova-Oliver Marlène, Le Quéau Pierre et Noël David, Laboratoire d’Informatique de Grenoble)
    – Des archives démographiques à un écosystème numérique : l’enquête « Charleville » (Rassat Sylvain et Ruggiu François-Joseph, Centre de Recherche Roland Mousnier Histoire et Civilisation, Buard Pierre-Yves , Maison de la recherche en sciences humaines, Lhomel Maximilien, Tual Mélanie et Delval Thibaut)
    – Reconstituer les trajectoires résidentielles de patients atteints de Lymphome Non-Hodgkinien pour appréhender les réalités des risques d’exposition cancérogène (basse vallée du Rhône) (Prost Léa, LAB’URBA)
    – Des trajectoires individuelles aux dynamiques migratoires nationales : enseignements de l’enquête démographique rétrospective mexicaine (EDER 2017) (Sebille Pascal et Demoraes Florent, Espaces et Sociétés, et Guérin-Pace France, Institut National d’Etudes Démographiques)

  • F- Les temps « longs » des territoires. Evolution diachronique de l’organisation des territoires et des peuplements

    voir la présentation de la session F sur le site du colloque

    – L’évolution culturelle d’un territoire ou l’histoire de son peuplement : l’apport de la céramologie – exemple des piémonts occidentaux du Zagros au Bronze ancien (3500-2900 av. J.-C.) (Verdellet Cécile, Archéologies et Sciences de l’Antiquité)
    – Les dynamiques de peuplement dans la longue durée sur quelques zones test de la Lorraine (Sanson Luc, Toussaint Perrine et Thomas Sylvie, Inrap)
    – A la recherche des maillages communaux d’antan – Présentation du projet ANR-COMMUNE-HisDBD (Collaborative Micro Mapping of UNExploited Historical District-Boundary Data) et de quelques résultats préliminaires (Litvine Alexis, Cambridge University, Royaume-Uni, Seguy Isabelle, Institut national d’études démographiques, et Thevenin Thomas, Théoriser et modéliser pour aménager)
    – L’Ouest-Cameroun et l’héritage du maquis (1955-1971) : Temps « longs », « moyens » et « courts » de la géographie d’une population de territoire terrorisé (Tatuebu Tagne Claude, Département de Géographie/Université de Yaoundé I, Cameroun)
    – Rythmes et processus d’occupation des territoires au cours de l’âge du Fer dans les zones médianes et avales du bassin versant de la Seine (Basset Célia, Trajectoires)
    – Dynamique du socio-écosystème maya du territoire de subsistance de la cité de Naachtun (Petén, Guatemala) entre 1500 BCE et 1000 CE : développements méthodologiques et résultats préliminaires d’une approche systémique multiscalaire (Castanet Cyril, Testé Marc, Garnier Aline, Limondin-Lozouet Nicole, Cavero Julien et Mokadem Fatima, Laboratoire de Géographie Physique, environnements quaternaires et actuels, Nondédéo Philippe, Hiquet Julien, Lemonnier Eva, Goudiaby Hemmamuthé, Dorison Antoine et Morales-Aguilar Carlos Laboratoire Archéologie des Amériques, Dussol Lydie et Purdue Louise, Laboratoire Cultures et Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge, Tomadini Noémie, Laboratoire Archéozoologie – Archéobotanique. Sociétés, pratiques et environnements, Develle-Vincent Anne-Lise, Laboratoire Environnements, DYnamiques et TErritoires de la Montagne, Hatté Christine, Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Lanos Philippe, IRAMAT-CRP2A/Université Bordeaux-Montaigne/Géosciences-Rennes/Université Rennes 1, et Sipos György, University of Szeged, Department of Physical Geography and Geoinformatics, Laboratory OSL Hungary LTD, Hongrie)
    – Le Marais de Chavannes : longue histoire d’un petit marais (Gauthier Agnès, Laboratoire de géographie physique)
    – Une archéologie du mouvement pour la compréhension des dynamiques de peuplement (Nuninger Laure, Laboratoire Chrono-environnement/MSHE C.N. Ledoux/GdR MoDys, Saintenoy Thibault et Verhagen Philip)

  • G- Les villes petites et moyennes, services et territoires. Une perspective internationale sur la décroissance

    voir la présentation de la session G sur le site du colloque

    – Demographic and services-related dimentions of urban shrinkage in Russian small cities (Gunko Maria, Institute of geography Russian Academy of Sciences/National Research University Higher School of Economics, Russie, Sheludkov Aleksandr, Institute of geography Russian Academy of Sciences, Russie, et Novkunskaya Anastasia, European University at Saint-Petersburg, Russie)
    – Habiter un centre-ville en déclin : réseaux de sociabilité et parcours résidentiels (Le Borgne Solène, University of Amsterdam, Pays-Bas)
    – New ideas for small-towns in peripheral locations in Germany. Experiences from a participative scenario-based approach (Hoffmann Jens et Dehne Peter, Hochschule Neubrandenburg, Allemagne)
    – Medium-sized cities as alternatives to large cities – location factors for attractive residential and living places (Zöllter Constanze, Rößler Stefanie et Knippschild Robert, Leibniz Institute of Ecological Urban and Regional Development (IOER), Allemagne)
    – Hospital equipment’s transformation : are small and medium size cities loosing ? (Baudet-Michel Sophie, Conti Benoit et Le Neindre Charlène, Géographie-cités)
    – Définir et classifier les villes moyennes françaises : Les enseignements de l’articulation des approches géographique et sociologique dans l’analyse du déclin urbain (Chouraqui Julie, Géographie-cités, et Guéraut Elie, Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe)
    – INTERNAL MIGRATION IN ITALY: MAPPING SHRINKING MEDIUM SIZE CITIES IN ITALY (Vendemmia Bruna et Kerçuku Agim, Politecnico di Milano, Italie)
    – De la décroissance régionale à la décroissance urbaine : quelles stratégies dans les villes petites et moyennes de Champagne-Ardenne (Miot Yoan, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés, et Fol Sylvie, Géographie-cités)
    – Petites villes et périphérisation dans l’Est de l’Allemagne : quelles perspectives de développement ? (Lécuyer Joséphine, Géographie-cités)
    – Les trajectoires de décroissance démographique des villes petites et moyennes en France (1962-2016) (Glita Ivan, Géographie-cités)
    – The analysis of Japanese shrinking small and mid-sized municipalities (Hattori Keiro, Ryukoku University, Japon)
    – L’enseignement secondaire dans les zones de basse densité en France et en Allemagne : étude de la répartition des établissements scolaires dans les petits centres et les espaces ruraux isolés (Laporte Antoine et Mathian Hélène, École normale supérieure de Lyon)
    – Reconfigurations territoriales des services publics dans les villes françaises (2009-2018) (Gravier Julie, Géographie-cités)
    – Conception et application méthodologique pour la caractérisation multidimensionnelle et l’analyse de la trajectoire du processus de décroissance au niveau municipal en Espagne (Ana Ruiz-Varona, Universidad San Jorge, Espagne, Javier Nogueras-Iso et Javier Lacasta-Miguel, Universidad de Zaragoza, Espagne)
    – Enjeux des villes moyennes en décroissance dans les espaces frontaliers du nord-est de la France (Morel-Doridat Frédérique, Centre de Recherche en Géographie)

  • H- Les nouveaux dispositifs de régionalisation. Le laboratoire latino-américain

    8- voir la présentation de la session H sur le site du colloque

    – Transborder processes and transborder regions in South America. The case of the triple border between Brazil, Argentina and Uruguay (RÜckert Aldomar et Caye Luísa Amato, Universidade Federal do Rio Grande do Sul – UFRGS, Brésil)
    – L’Amazonie, une intégration du centre de l’Amérique du Sud? (ThÉry Hervé, CREDA – Centre de Recherche Et de Documentation sur les Amériques/Universidade de São Paulo, Brésil)
    – Los Estados y los MERCOSURes ¿Una pluralidad de dinámicas de integración/desintegración en América Latina? (Solanas Facundo, Conseil national de recherches scientifiques et techniques, Institut de recherche Gino Germani de la Faculté de sciences Sociales de l’Université de Buenos Aires/Facultad de Humanidades de la Universidad Nacional de Mar del Plata, Argentine)
    – Frentes mineros para la transición energética. Regionalizaciones invisibles entorno a los salares altoandinos (Carrizo Silvina Cecilia, Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas, Argentine, Forget Marie et Bos Vincent, Université Savoie Mont Blanc)
    – Régionalisations énergétiques sud-américaines (Carrizo Silvina Cecilia et Sébastien Velut, Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas, Argentine)
    – Contemplar las Antillas como una región energética (Romero-Pérez Xiomara Lorena, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)
    – Projets d’infrastructures gazières et perspectives d’intégration: le cas péruvien (Montes De Oca Nina, CREDA – Centre de Recherche Et de Documentation sur les Amériques)
    – L’intégration d’une marge frontalière dans la mondialisation : la frontière Costa Rica-Nicaragua face au développement des cultures d’ananas (Medina Lucile et Rodriguez Echavarria Tania, Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement)
    – Crisis y transición energética en América del Sur (Egler Claudio, Universidade Federal do Rio de Janeiro, Brésil)
    – Du régionalisme à la régionalisation, la configuration de nouvelles territorialités par la mise en valeur du lithium (Argentine, Bolivie, Chili) (Serandour Audrey, Pôle de recherche pour lórganisation et la diffusion de línformation géographique)

  • I- Les friches urbaines. Territoires d’innovations ou temps de conflits ?

    voir la présentation de la session I sur le site du colloque

    – Utilité publique et apports pédagogiques d’un atelier de projet urbain, axé sur la requalification d’une friche sidérurgique (La Louvière, Belgique) (Mazy Kristel, University of Mons, Belgique)
    – Temps longs, temps courts, temps absent. Histoire et temporalités d’une friche centrale promise à la transformation à Tirana (Dorso Franck et Muçi Stela, LABÚRBA)
    – La requalification des friches industrielles en tiers-lieux : modèle alternatif ou stratégie commerciale ? (Watine Julien, Université Paris-Sorbonne-Paris IV)
    – Les lisières urbaines : Lieux de reliance urbaine et sensible (Emeline Bailly, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, et Laroche Sylvie, Centre de recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain)
    – Conflits et mutabilité des délaissés urbains en Région Bruxelles-Capitale (Quadu Fiorella, Hanssens Jonas et Hucq Aurélien, Université catholique de Louvain, Belgique)
    – De la friche à la ville ou l’art de permacultiver les innovations urbaines : un jeu à la nantaise ? (Morteau Hélène, Gangloff Emmanuelle et Ambrosino Charles, Pacte, Laboratoire de sciences sociales)
    – Les espaces vacants : enjeux territoriaux et problèmes opérationnels (Arab Nadia, LABÚRBA, et Miot Yoan, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés)
    – QUAND LES POLITIQUES PUBLIQUES SUSCITENT DE LA RÉACTIVATION CITOYENNE DE LOCAUX VACANTS : LE CAS DU LIVRADOIS-FOREZ (Dubeaux Sarah et Miot Yoan, Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés)
    – Reconversion culturelle d’une friche carcérale à Valparaiso (Chili): les temporalités d’une « cause citoyenne » à l’épreuve des processus de rénovation urbaine (Vandiest Camila, Centre de recherche sur les liens sociaux)
    – Le rôle du droit dans la mobilisation des friches à des fins écologiques (Hucq Aurélien, Université catholique de Louvain, Belgique)
    – Les rôles des acteurs intermédiaires dans la gestion de l’occupation temporaire des friches urbaines : entre rapports de pouvoir et essaimage de nouvelles manières de « faire » (Gauthier Cécile et Raymond Richard, Laboratoire Dynamiques Sociales et Recomposition des Espaces, et Pech Pierre, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    – Renaturer pour transformer les délaissés urbains : des innovations socio-écologiques sous tensions (Rochard Hugo, Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces/Université de Paris)
    – Tiers-lieux et revalorisation des friches industrielles. Les cas de Saint Sauveur et Fives-Cail dans la métropole lilloise (France) (Liefooghe Christine, Territoires, Villes, Environnement et société)

  • J- Politiques territoriales et temporalités individuelles et familiales. Pour une coopération entre ethnographes, économistes, historiens et géographes

    voir la présentation de la session J sur le site du colloque

    – Des signaux faibles de déclin en contexte métropolitain ? Exemple(s) en Île-de-France (Vialleix Martial et Cormier Thomas, Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Île-de-France)
    – Polarisation et trajectoires d’occupation territoriale dans la périphérie québécoise (Gauthier Simon, Centre de recherche sur le développement territorial, Canada)
    – Politiques territoriales et transformations socio-spatiales de l’immigration dans les espaces peu denses en France : apports d’une approche géographique (Fromentin Julie, Institut national d’études démographiques)
    – « Le Registre national, un outil pertinent à l’heure de la mondialisation ? » Confrontation au contexte territorial bruxellois (Pierre Adèle et Leclercq Alexandre, LOCI – UCLouvain – CREAT, Belgique)
    – Mobilités sociales et résidentielles en France. Une approche ethnographique dans deux petites villes en déclin aux marges du Bassin parisien (Weber Florence et Vieujean Olivia, Centre Maurice Halbwachs, et Dantou Jean-Robert, SACRe)
    – Animer le bourg et son commerce. Engagements patronaux, action publique locale et compétitions territoriales dans un bourg rural péri-urbain de l’ouest de la France (1960-2017) (Schnapper Quentin, École normale supérieure – Paris/Centre d’économie et de Sociologie Rurales Appliquées à l’agriculture et aux Espaces Ruraux)
    – Gouverner par la distance : retrait de l’État social et inégalités d’accès au RSA des classes populaires rurales (Deville Clara, Centre universitaire de recherches sur láction publique et le politique. Epistémologie et Sciences sociales)

  • K- La territorialisation sanitaire en question. Etapes, acteurs, recompositions

    voir la présentation de la session K sur le site du colloque

    – Territorialisation sanitaire en Guyane française : des défis contemporains d’une adaptation à des besoins spécifiques (Autrive Elise, Identités et Différenciation de lÉnvironnement des Espaces et des Sociétés)
    – Métropolisation et santé : quand la métropole ouvre de nouveaux champs d’action ? (Guérit Franck et Dournel Sylvain, Centre d’études pour le développement des territoires et l’environnement, Allorant Pierre, Pouvoirs – Lettres – Normes, et Eddazi Fouad, Centre de recherche juridique Pothier)
    – Vers une métropolisation des soins de cancer ? Analyse géographique de l’évolution des parcours de soins depuis le début des années 2000 (Fayet Yohan, Equipe EMS/Health Service and Performance Research, Drouet Amandine, Master SIGAD, Lucas-Gabrielli Véronique et Or Zeynep, Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé, Herr Andrée-Laure, Centre Léon Bérard, et Chasles Virginie, Environnement Ville Société)
    – Ruptures et continuité dans les trajectoires de recours aux soins, une approche temporelle des inégalités d’accès aux soins (Iosti Pauline, Environnement Ville Société)
    – Can Telemedicine be effective in responding to local health needs? Lights and shadows from the picture of Piedmont (Bibiana Scelfo, Stefania Bellelli, Chiara Rivoiro, Valeria Romano et Sylvie Occelli, IRES Piemonte, Istituto di Ricerche Economiche e Sociali, Italie, Marco Grosso, Public Hospital « Città della Salute e della Scienza di Torino », Italie, et Marco Dalmasso, SEPI Servizio Sovrazonale di Epidemiologia della Regione Piemonte, Grugliasco (TO), Italie)
    – L’agglomération de Constantine au prisme de la territorialisation sanitaire (Zeghdar Chiraz et Baron Myriam, LABÚRBA, et Rican Stéphane, Ladyss)
    – Quelle place pour l’expression citoyenne dans la définition de la politique régionale de santé ? Une analyse en région Centre-Val de Loire (Thorigny Maxime, REGARDS, et Duchesne Victor, Centre d’Economie de l’Université Paris Nord)
    – Accueillir et soigner les demandeurs d’asile : recompositions territoriales et enjeux de coordination medico-sociale (Siffert Isabelle, Espaces et Sociétés)

  • L- Transitions démographiques et territoires. Perspectives historiques et contemporaines

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    – Vieillissement et transition démographique à Cuba : politiques publiques, territoires et générations (Destremau Blandine, CNRS / Iris / EHESS)
    – Relire l’histoire des premiers divorces à l’aune des territoires (France, 1884-1952) (Brée Sandra, Laboratoire Recherche Historique Rhône-Alpes)
    – Les dynamiques spatiales des mutations démographiques en Belgique depuis le 19e siècle: quelles permanences géographiques entre la première et la seconde transition démographique ? (Bourguignon Mélanie, Doignon Yoann, Eggerickx Thierry, Sanderson Jean-Paul & Costa Rafael, Centre de recherche en démographie / université catholique de Louvain, Belgique)
    – Une transition mobilitaire dans les trajectoires de vie ? Exploration spatio-temporelle du couple lieu de naissance/lieu de décès en France métropolitaine (1970-2020) (Guibard Luc, Leconte Romain & Pistre Pierre, Géographie-cités)
    – Las transiciones demográficas de México (1930-1970-2015): análisis de las condiciones socioeconómicas y culturales (Arana Ovalle Roxana Ivette, Dillon Lisa & Murua Alejandro, Université de Montréal (Canada) & Zamudio Sanchez Francisco José, Universidad Autónoma Chapingo, Mexique)
    – Regions in Mexico based on marital and reproductive trajectories (PÁez Olinca, Instituto Nacional de Estadística y Geografía, Mexique)

  • M- Vivre les situations d’entre-deux. Champs d’expérience et horizons d’attente dans les espaces médians

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    – Camps ou refuges non officiels : Habiter l’incertain (Corbet Alice, Les Afriques dans le monde)
    – Vivre dans un territoire d’entre-deux en temps de guerre. Les Savoyards entre France et Piémont (XVIe-XIXe siècles) (Ruelle Alexandre, AGORA EA 7392)
    – L’Asie centrale vue du Kazakhstan : un espace médian ? (Thorez Julien, CNRS, Didelon-Loiseau Clarisse & Richard Yann, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    – L' »entre-deux » de l’errance, une réalité socio-spatiale : le cas des migrants précaires dans les espaces urbains parisiens et romains (Piva Annaelle, Géographie-cités)
    – Building social solidarities in liminality through cross-frontline water provision in the war in eastern Ukraine, 2014-2019 (Lambroschini Sophie, Centre Marc Bloch, Allemagne)

  • N- Time-Geography: A 50 Years Mode of Thinking Population, Times and Territories

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    – Application de l’approche « Time Geography » pour modéliser les zones de cueillette à partir des traces GPS du cueilleur (Hoxha Valter & Ilbert Hélène, Department of Economics / Mediterranean University of Albania, Albanie)
    – Urbanity through time, place and space (Bettina Knoop, TU Dresden (IHI Zittau) / Professur für ökologischen und revitalisierenden Stadtumbau, Allemagne)
    – La time-geography à l’heure des données issues d’Internet : Applications à l’étude des mobilités quotidiennes à Bangkok (Cebeillac Alexandre, Identité et différenciation des espaces, de l’environnement et des sociétés)
    – Metropolitan mobility and daily activities diversities and constraints: the Grenoble urban area case (Tabaka Kamila & Duché Sarah, Laboratoire PACTE / Université Grenobles Alpes, Menin Aline, Laboratoire LIG & Laboratoire PACTE, Chardonnel Sonia, Laboratoire LIG)

  • P- Circulations de plantes, de personnes et ancrages territoriaux

    voir la présentation de la session P sur le site du colloque

    – Le concept de population (Foucault, 1978) à l’épreuve des pratiques de gestion des populations végétales. Une enquête philosophique en sciences de la conservation (Fauché Marine, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive)
    – Caoutchouc: le mouvement invisible des savoirs traditionnels (Bertol Domingues Heloisa Maria, Museu de Astronomia e Ciências Afins, Brésil)
    – Les jardins familiaux en Île-de-France : prendre racine et échanger grâce au jardinage (Robert-Bœuf Camille, Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement)
    – L’ancrage colonial d’un chimiste français en Amazonie (Petitjean Patrick, Laboratoire d’histoire et philosophie des sciences SPHERE)
    – Le tolsi: une plante sacrée entre La Réunion et la Guadeloupe (Savriama Stéphane, AIHP-GEODE)
    – Millets are back on the menu, but not quite like before (Jacquet Julie, Institut Français de Pondichéry, Inde)
    – LES TRANSHUMANCES DES COMMUNAUTES DE CUEILLEURS ET LE DESENCRAGE DE LA FILIERE ZGOUGOU DANS LE HAUT TELL TUNISIEN (Ayari Hamza, Tunisie)
    – UNE MEDECINE TRADITIONNELLE HMONG EN MOUVEMENT : CIRCULATION DES REMEDES, DEPLACEMENT DES THERAPEUTES ET TRANSMISSION DES SAVOIRS (Bochaton Audrey, Université Paris Ouest Nanterre la Défense)
    – Atlas brodé des plantes déracinées (Reznik Eugénie, Université du Québec à Montréal, Canada & Université Jean Monnet)

  • Q- 2020 : rythmes de vie, rythmes de ville. Quelles perspectives pour les politiques temporelles ?

    voir la présentation de la session Q sur le site du colloque

    – Centralités spatio-temporelles dans la ville polyrythmique : proposition d’une méthode appliquée au cas de Milan (Daconto Luca, Boffi Mario, Colleoni Matteo & Ferrario Monica, Département de Sociologie et Recherche Sociale / Université de Milan Bicocca, Italie)
    – Seasonal Cities: Patterns of Urban Change in Alexandria, Egypt (Estrada Mauricio, Alumni University of Stuttgart, Allemagne)
    – Les villes touristiques consolidées et son expansion territorial. Le cas de la Zone Métropolitaine de Barcelona (Crespi-Vallbona Montserrat, Universitat de Barcelona, Espagne)
    – Qualité de desserte et patterns spatio-temporels : accompagner le renouvellement des politiques publiques de déplacement par une adaptation plus fine de l’offre à la demande (Schultheiss Marc-Edouard, Laboratoire de sociologie urbaine, Suisse)
    – Chroniques d’un rivage habité (Richer Jean, DRAC Nouvelle Aquitaine & École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais)
    – Pour un urbanisme des possibles : des espaces, des temps et de la chronotopie (Guez Alain, Laa Lavue)
    – (Dé)synchronisation : congestions récurrentes et heures de pointe dans une zone d’activité rennaise (Gendreau Louis, Laboratoire Ville, Mobilité, Transport)
    – Expérimentation d’un label pour la vie nocturne : un exemple de mise en œuvre d’une politique temporelle à Bordeaux (Comelli Cécilia, Passages)

  • Varia

    – Venir étudier dans l’UE : quelles motivations, quels enjeux pour des doctorants des Pays-Tiers ? Étude de cas à partir du programme de doctorat ERASMUS MUNDUS (Hardouin Magali, ESPE de Bretagne ESO)
    – L’accès au diagnostic de la maladie d’Alzheimer en milieu rural (Blanchet Mickaël, Espaces et Sociétés)
    – Enjeux des stratégies de communication dans le processus de requalification de la décharge de Fresh Kills (New York) (Ouali Imène)
    – Structuration et fragmentation sociospatiale dans une ville brésilienne moyenne (Sposito Encarnação, Sposito Eliseu & Silva Kesia, Grupo de Pesquisa Produção do Espaço e Redefinições Regionais / Universidade Estadual Paulsita, Brésil)
    – La protección de la propiedad colectiva de territorios indígenas en Centro y Sur América (Vivas Barrera Tania Giovanna, Institut d’Études Ibériques et Ibérico-Américaines (IE2IEA) (France) / Universidad Católica de Colombia, Quintero-Sánchez Gabriel Alejandro & Pérez-Salazar Bernardo, Universidad Católica de Colombia, Colombie)
    – Brazil: a laboratory of international migrations in the twenty-first century (Georg Uebel Roberto, Escola Superior de Propaganda e Marketing, Raldi Amanda, Faculdade São Francisco de Assis & Ranincheski Sonia, Universidade Federal do Rio Grande do Sul, Brésil)
    – La figure changeante de l’étranger mobile dans le quotidien Le Monde (1944-2019) : analyse longitudinale des représentations médiatiques d’une population aux contours flous (Toureille Etienne & Leconte Romain, Géographie-cités & Collège international des sciences du territoire)
    – Access to Medical Imaging Equipment in the Piedmont region: a proof of concept (Occelli Sylvie, Istituto di Ricerche Economico Sociali del Piemonte, Italie)
    – Restructuration et contradictions urbaines à Cuzco (Pérou) : mobilité quotidienne et polycentrisme (Legroux Jean & Andrade Rita, Gasperr. Dept. Geografia, Brésil)

Ce compte-rendu retrace la journée organisée le 15 novembre 2019 dans le cadre de l’axe Information territoriale locale (INFTER)

Plus d’un an après l’entrée en application du RGPD (Règlement général sur la protection des données), Lionel Maurel a décrypté plusieurs articles du texte afin d’examiner les principales mesures portant sur le traitement des données localisées et d’en apprécier les conséquences pour les activités de recherche. Si dans le RGPD, les données de géolocalisation sont appréhendées comme des « informations à caractère personnel » comme les autres, le texte permet d’encadrer les usages de ces données à très forts pouvoirs identifiants (notamment par croisement avec d’autres informations), dans un souci de protection de la vie privée. Mais le traitement de données personnelles à des fins de recherche n’étant pas interdit (il est considéré même comme légitime), le texte laisse aussi une importante marge de manœuvre aux chercheur·se·s, via l’existence de nombreuses dérogations aux principes de licéité énoncés dans le règlement : il est ainsi possible de déroger à la demande de consentement systématique, à l’annonce d’une finalité précise, au respect de la durée de conservation, etc. Il n’y a pas en revanche de dérogation au principe de minimisation des données, la collecte « au chalut » n’étant pas possible. De plus, il faut pouvoir prouver l’utilité des données pour la finalité du projet, cette finalité pouvant cependant rester large. La discussion a amené L. Maurel à évoquer plusieurs points particuliers d’application du RGPD, par exemple sur le périmètre géographique d’application du texte : s’applique-t-il à des données lointaines, comment encadre-t-il les activités de recherche menées dans le cadre de partenariats avec des équipes externes à l’UE ? Il a aussi été question du périmètre des activités de recherche concernées par les dérogations : s’appliquent-elles aussi à la recherche privée ? Il semblerait que oui, Facebook ayant par exemple d’ores et déjà justifié certains traitements en les assimilant à une activité de recherche, conduisant la CNIL à afficher sa vigilance.

Voir le support de présentation de Lionel Maurel (pdf)

Après avoir rappelé l’architecture d’internet et les principales composantes d’un site web, dont la compréhension est un préalable indispensable à l’extraction des données du web, Sébastien Rey-Coyrehourcq et Alexandre Cebeillac ont présenté différents protocoles de collecte par webscraping, en se basant sur leurs expériences dans différents projets de recherche. Ils ont abordé cette question en partant des API, assimilables à une sorte de contrat avec un producteur de données, jusqu’aux requêtes http, en passant par les procédures plus récentes et plus complexes liées au renforcement des protections anti-bot. Parmi ces données de natures diverses (images raster sur la congestion du trafic routier, flux de trafic aérien, etc.), certaines sont des données personnelles (localisation croisée des hébergeur·se·s et des visiteur·se·s d’Airbnb, estimation des déplacements individuels via Twitter, etc.) qui s’inscrivent dans un nouveau contexte de circulation des données fortement dissymétrique entre trois types d’acteurs : les usager·ère·s du web, les propriétaires des plates-formes et les utilisateur·trice·s tiers pratiquant le webscraping, dont font partie les chercheur·se·s mais aussi les entreprises privées et les Etats. Au-delà de la question du cadre légal de la collecte, comment les « tiers » chercheur·se·s définissent-ils leur positionnement éthique vis-à-vis de la protection des données personnelles extraites du web ? Si les situations problématiques concernant l’identification des personnes peuvent être résolues grâce à la mise en place de divers garde-fous (anonymisation des données, brouillage de leur précision temporelle, travail sur des fichiers encryptés et stockés sur des serveurs protégés, etc.), quelle est la part d’appréciation individuelle qui doit être laissée aux scientifiques pratiquant le webscraping ? Faut-il encadrer ces décisions par des équivalents de comités éthiques qui seraient chargés de ces questions au sein des universités et des institutions de recherche ?

Voir le support de présentation de Sébastien Rey-Coyrehourcq et Alexandre Cebeillac (pdf)

La présentation de Julie Fen-Chong, Françoise Lucchini et Bernard Elissalde s’est inspirée d’une dizaine d’années d’expériences de recherche sur les données géolocalisées individuelles issues de la téléphonie mobile ou du réseau social Twitter. Les intervenant·e·s ont tout d’abord partagé une réflexion sur l’évolution des conditions d’accès à ces données, au sein de différents contextes (du contrat CIFRE aux partenariats publics-privés), tout en décrivant la nature des données diffusées, caractérisées par différentes granularités spatiales et temporelles. Après plusieurs années de partenariats plutôt fructueux, marqués par des difficultés de circulation des données avant tout internes aux entreprises (étanchéité des données techniques et des données de facturation pour la téléphonie mobile), cet accès est aujourd’hui d’autant plus restreint que la valeur commerciale des données s’est accrue, tandis que la finesse des données auxquelles on a maintenant accès s’est dégradée. L’autre volet de la présentation proposait un tour d’horizon des différentes méthodes d’analyse spatiale permettant de dépasser l’échelon individuel pour révéler des fonctionnements spatio-temporels territoriaux (lieux de concentration de la population, mouvements entre antennes, graphes par clustering d’agrégation spatiale ou temporelle…), afin de mettre en valeur les contextes géographiques favorables au mouvement ainsi que les conséquences du mouvement sur l’organisation des lieux.

Voir le support de présentation de Julie Fen-Chong, Françoise Lucchini et Bernard Elissalde (pdf)

Antoine Courmont s’est intéressé aux recompositions de pouvoir liées à la mise en circulation des données entre acteurs publics et privés. Ces échanges de données (open data, partenariats avec des plateformes) participent à l’émergence de nouveaux modes de gouvernance des territoires par la donnée, mais ils ne sont pas sans susciter un certain nombre de tensions. Les interactions observées s’inscrivent dans un double contexte de fin du quasi-monopole de la mise en données du monde par les institutions publiques et de montée en puissance d’entreprises privées produisant des données massives (Waze, Uber, Airbnb…), ces données étant de plus en plus envisagées par les acteurs publics comme un levier d’action pour accompagner ou contrer certaines pratiques urbaines. À travers la question particulière des données ouvertes, A. Courmont s’est demandé dans quelle mesure les acteurs publics pouvaient se placer au centre de la circulation des données et éviter des utilisations contraires à l’intérêt général, ce contrôle passant notamment par la maîtrise de la propriété des données et par le contrôle des formats et standards des bases. Plus généralement, la « privacy » tient souvent une place centrale dans ces négociations et peut parfois être utilisée comme un argument pour refuser la diffusion de données d’opérateurs privés, au motif qu’il s’agirait d’une enfreinte à la protection des données clients. L’accès aux données des plates-formes fait ainsi tout autant émerger des situations d’entente et de partenariat entre collectivités et entreprises (par exemple avec Waze) que des situations conflictuelles (par exemple avec Airbnb ou Uber), qui soulignent les enjeux plus généraux de gouvernance urbaine associés aux questions d’accès aux données localisées.

Voir le support de présentation d’Antoine Courmont (pdf)

L’accès aux données individuelles localisées de source administrative ainsi que le traitement de ces données sont au cœur du travail de thèse de Luc Guibard, qui s’appuie sur les données sensibles de la CAF pour suivre les mobilités résidentielles au niveau individuel et analyser le processus d’éviction résidentielle dans la région parisienne. Il a d’abord présenté la manière dont s’était organisé concrètement son travail dans les locaux de la CAF, et notamment la longue période nécessaire à la rédaction d’une convention de mise à disposition de données administratives sensibles, dont le modèle n’existait pas encore. Puis il est revenu sur la structure et le traitement de ces données, l’enjeu principal étant de savoir comment tirer parti de la géolocalisation tout en assurant l’anonymat de données soumises au secret statistique. Ces données présentent en effet de nombreux avantages en termes de liberté d’agrégation spatiale par rapport au problème du MAUP. Il a ainsi présenté plusieurs types d’expérimentation d’anonymisation, reposant sur différents choix d’agrégation spatiale respectant le seuil de confidentialité. Cet exemple a aussi été l’occasion d’ouvrir la discussion sur l’utilisation des données individuelles par la CAF à des fins d’optimisation du service, notamment pour la détection des cas de fraude potentielle (scoring). Ces pratiques interrogent quant aux règles de protection des données individuelles s’appliquant en interne.

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La présentation de Malika Madelin a clos la journée en proposant un retour d’expérience sur une recherche participative de mesure de la qualité de l’air conduite à l’aide de « capteurs citoyens » (projet AirCitizen). Plusieurs types de données individuelles sont collectés et manipulés dans le cadre de ce projet (données de localisation passive ou déclarée, données d’observation du contexte rapportées par les participant·e·s, données sur l’identité même des participant·e·s). M. Madelin a exposé les nombreuses questions soulevées par la mise en œuvre d’une démarche conforme au RGPD, en insistant sur les flous qui avaient accompagné l’application des principes du règlement à leurs travaux : quels risques d’identification des personnes liés aux données de localisation, même lorsque les noms ont été supprimés ? comment s’assurer de la pertinence des données collectées avant même de les avoir traitées ? jusqu’où limiter la conservation des données ? … Les chercheur·se·s du collectif ont ainsi adapté pas à pas leur protocole pour les phases de collecte comme de traitement (non communication des coordonnées personnelles, non conservation des chroniques d’activités, brouillage des repères temporels lors de la diffusion des cartes d’itinéraires individuels, …), au risque que le RGPD bloque certains volets de l’animation. Au final, les échanges mis en place avec les différents interlocuteurs du projet (capteurs-citoyens, collectivités et associations) ont souvent joué un rôle de sensibilisation à la protection des données personnelles, qui apparaît rarement comme une priorité dans le cadre de projets à fort engagement individuel.

Voir le support de présentation de Malika Madelin (pdf)

Suite à la publication du Dossier n° 7 du CIST « Premiers résultats de l’enquête GlocalMap », deux de leurs auteur.e.s, Claude Grasland et Clarisse Didelon-Loiseau du laboratoire Géographie-cités, ont publié deux articles dans The Conversation, le média des universitaires, section politique+société.

– Claude Grasland & Clarisse Didelon-Loiseau
« Les français face à leurs territoires : une enquête inédite »
The Conversation
20 novembre 2019

– Clarisse Didelon-Loiseau & Claude Grasland
« Et vous, où aimeriez-vous vivre ? Découvrez quelques-unes des villes préférées des Français »
The Conversation
20 novembre 2019

Ce compte rendu de la journée « transitions localisées et dynamiques territoriales » (27 septembre 2019) a été établi par Jean-Baptiste Grison.
Elle était coorganisée par Pierre-Antoine Landel, Kirsten Koop et Jean Baptiste Grison (PACTE/Université Grenoble Alpes)

Présent·e·s

Frédéric Barbe, Nicolas Duracka, Aurore Flipo, Jean-Baptiste Grison, Kirsten Koop, Pierre-Antoine Landel, Émilie Laurent, Patrice Melé, Angélique Palle, Véronique Peyrach-Gadeau, Lucas Spadaro, Corentin Thermes, Pascale Vincent

Ce séminaire de l’axe A&T du CIST a rassemblé une douzaine de participant·e·s. Dans les présentations et les échanges, la notion d’innovation sociale a été largement abordée et discutée. La journée a été ponctuée par quatre présentations, suivies d’un long temps débat ayant pour objectif de clarifier les notions, l’état et les enjeux de la recherche sur ces questions, et les perspectives de collaborations scientifiques.

Première partie – Présentations initiales

Pascale Vincent – Méthodes et outils exploratoires pour accompagner l’innovation sociale sur les territoires

Pascale Vincent a présenté des travaux du CIEDEL (Centre international d’études pour le développement local) qui, en partenariat avec Cap Rural, propose des démarches d’accompagnement des acteurs de l’innovation sociale en les aidant à comprendre et analyser leurs processus d’innovation.

Nicolas Duracka – Accompagner et évaluer les écosystèmes à impact social

Avec le CISCA (Centre de R&D et transfert en innovation sociale Clermont Auvergne), Nicolas Duracka met en place un processus visant à mieux connaître et comprendre le paysage et les enjeux de l’innovation sociale dans le contexte de la métropole clermontoise.

Pierre-Antoine Landel – Interroger la capacité transformative des innovations sociales. Analyse à partir de l’observation de territoires de montagne

L’objet de cette intervention était de faire état de plusieurs propositions conceptuelles sur la caractérisation des innovations sociales et de leur impact sur les territoires, dans un contexte rural et de montagne. Ces réflexions sont le résultat de plusieurs programmes de recherche financés ces dernières années par l’ANR et le LabEx Innovation des territoires de montagne (ITEM). Elles questionnent les différentes formes de relations des innovations sociales entre elles (mise en réseau), et avec le territoires (figures d’intermédiation). Elles posent également la question des formes de trajectoires des innovations, et des différents rôles des acteurs.

Jean-Baptiste Grison – Une plateforme d’échange sur les innovations sociales en montagne

Cette intervention visait à présenter une démarche, impulsée par le LabEx ITEM, de création d’une plateforme sur les innovations sociales à capacité transformative dans les territoires de montagne. Développée depuis deux ans avec un groupe de partenaires intervenant dans l’accompagnement des innovations sociales, elle ambitionne de favoriser le dialogue entre chercheurs, porteurs de projets et accompagnateurs des innovations sociales, mais aussi d’accéder à une meilleure connaissance de ce qui se fait et de développer des analyses conceptuelles.

Deuxième partie – Débat

Le débat s’est organisé, d’une part, à partir de témoignages et questionnement apportés par les chercheur·e·s présent·e·s puis, d’autre, part, par une longue discussion.

Interventions préalables au débat

Frédéric Barbe pose la question de la démarche du/de la chercheur·e dans les situations conflictuelles : bidonvilles, ZAD, projet controversé de stade de foot. Il y a un équilibre parfois difficile à faire reconnaître entre l’engagement individuel et le recul critique nécessaire à la production de résultats de recherche. Il propose un usage alternatif de la littérature produite par le/la chercheur·e, notamment à travers les « guides de détourisme ».

Aurore Flipo a découvert les problématiques de l’innovation sociale en étant recrutée pour établir une revue de littérature sur le sujet dans le cadre d’un programme ANR. Elle a ensuite travaillé plus spécifiquement sur les tiers-lieux, ce qui l’a conduite à s’intéresser en particulier à l’Usine Vivante de Crest, initiée par un petit groupe de personnes engagées dans la transition. Sociologue spécialisée dans la question des mobilités, elle s’intéresse aussi aux mobilités associées à ces tiers-lieux (notamment la place des néoruraux dans leur processus de création). Elle interroge enfin la posture du/de la chercheur·e-habitant·e, étant confrontée à une recherche sur un territoire qui est aussi, pour elle, un lieu de vie.

Angélique Palle s’intéresse plus particulièrement aux échelles de la transition, en particulier dans le domaine énergétique, ayant observé des visions divergentes, susceptibles de rentrer en conflit, entre des raisonnements à différentes échelles, du niveau européen au niveau local. À travers ces conflits de vision transparaît le problème de la définition de la notion de territoire et des territorialités. Elle travaille aussi sur les transitions par le bas, notamment avec Olivier Labussière.

Patrice Melé évoque quelques chantiers en cours au sein de Citeres (Tours), principalement en rapport avec la problématique des déchets, et des actions collectives et engagements citoyens dans ce domaine. On parle de transition, mais quelle est la vision du changement ? On observe qu’il y a eu un vrai retournement, relativement rapide, dans les objectifs de la politique nationale : la doctrine actuelle est celle des opposants des années 1990. Il y a la question du rapport entre les citoyens et les politiques publiques, et celle du rapport entre les acteurs publics à différentes échelles (notamment, comment les EPCI se saisissent des injonctions nationales ?).

Émilie Laurent, en thèse à l’UMR, aborde le cas spécifique de la tarification incitative et souligne que, dans le domaine des déchets, il y a concomitamment un poids important des normes et de l’action publique (normes de l’Union européenne), et un foisonnement d’initiatives locales et citoyennes. Le lien entre les deux est parfois difficile.

Discussion en trois temps

1/ Autour des définitions de la transition et de l’innovation sociale, du rôle et du statut de l’innovation sociale dans les processus de transition, ainsi que autour des interrelations entre transition, innovation et territoires

La discussion aborde le système territorial, les trajectoires et les processus d’innovation, la normalisation/institutionnalisation et l’aboutissement des innovations sociales. Il est aussi question d’ancrage territorial.

2/ Autour des méthodes d’investigation

La posture du/de la chercheur·e influence ce qu’il est possible de faire dans l’appréhension des transitions localisées.
– Vis-à-vis des financeurs : exemple d’un financeur de recherche contractualisée qui a refusé la prise en compte dans l’étude de sujets transitionnels qui semblaient pourtant essentiels
– Vis-à-vis de l’objet de recherche : la posture du/de la chercheur·e-militant·e et/ou -habitant·e se pose dans une grande part des projets évoqués.
Les recherches partagées par les participant·e·s au séminaire vont de pratiques très institutionnelles (réponses à des commanditaires, programmes de recherche contractualisés) à des approches totalement libres.

3/ Autour d’un projet de collaboration

Il apparaît difficile a priori de faire converger les méthodes et les problématiques de chacun·e : posture de chercheur·e (engagé·e ou non), mot-clé cible (innovation sociale ou transition). Les croisements sont néanmoins fructueux et une partie des participant·e·s sont susceptibles de répondre favorablement à une initiative qui pourrait être lancée au cours des mois à venir.

Suite au conseil scientifique de juin 2019, et aux allers-retours avec les co-porteur·e·s de sessions, c’est sur la base de 21 sessions que l’appel à communications sera lancé en français, anglais et espagnol dans le courant du mois d’octobre.

Voici la liste des sessions et leurs co-porteur·e·s :

– Session A – Le temps de l’île. Les territoires insulaires au prisme des multiples temporalités
Co-porteur·e·s : Eva LELIÈVRE (Ined), Celio SIERRA-PAYCHA (Cridup) & Loïc TRABUT (Ined)

– Session B – Les marges créatrices de la mondialisation : espaces, processus, circulations
Co-porteur·e·s : Nacima BARON (LVMT), Pierre BERGEL (ESO), Emmanuelle BOULINEAU (EVS),Lydia COUDROY DE LILLE (EVS) & Leïla VIGNAL (ESO)

– Session C – Inégalités de santé. Appréhender les logiques spatiales et temporelles des changements sanitaires
Co-porteurs : Guillaume CHEVILLARD (Irdes) & Stéphane RICAN (Ladyss)

– Session D – Les réformes territoriales entre résilience et innovation. Quelle temporalité pour quelles populations ?
Porteure : Sylvia BRUNET (CUREJ)

– Session E – Trajectoires des individus et trajectoires des territoires. Approches longitudinales et interactions
Co-porteur·e·s : Catherine BONVALET (Ined), Christophe IMBERT (IDEES) & Guillaume LE ROUX (Ined)

– Session F – Les temps « longs » des territoires. Évolution diachronique de l’organisation des territoires et des peuplements
Co-porteur·e·s : Damase MOURALIS (IDEES), Julie GRAVIER (Géographie-cités), Maria Elena CASTIELLO (University of Bern, Suisse), Dominique TODISCO (IDEES)

– Session G – Les villes petites et moyennes, services et territoires. Une perspective internationale sur la décroissance
Co-porteur·e·s : Sophie BAUDET-MICHEL (Géographie-cités), Sophie BUHNIK (MFJ Tokyo), Emmanuèle CUNNINGHAM-SABOT (ENS), Victoria PINONCELY (ENS), Hélène ROTH (Territoires) & Manuel WOLFF (Humboldt-Universität)

– Session H – Les nouveaux dispositifs de régionalisation. Le laboratoire latino-américain
Co-porteur·e·s : Silvina Cecilia CARRIZO (CONICET, Universidad nacional de la Plata, Argentine), Christian GIRAULT (CREDA), Laetitia PERRIER BRUSLÉ (Loterr–Prodig), Aldomar RÜCKERT (UFRGS, Brésil), Roberto UEBEL (UFRGS, Brésil) & Sébastien VELUT (IHEAL)

– Session I – Les friches urbaines. Territoires d’innovations ou temps de conflits ?
Co-porteures : Francesca DI PIETRO (Université de Tours), Sarah DUBEAUX (ENS) & Cécile MATTOUG (Géographie-cités)

– Session J – Politiques territoriales et temporalités individuelles et familiales. Pour une coopération entre ethnographes, économistes, historiens et géographes
Co-porteures : Eleonora ELGUEZABAL (INRA-Cesaer), Olivia VIEUJEAN (EHESS-CMH) & Florence WEBER (PSL-ENS-CMH)

– Session K – La territorialisation sanitaire en question. Etapes, acteurs, recompositions
Co-porteur·e·s : Emmanuel ELIOT (IDEES-Rouen) & Véronique LUCAS-GABRIELLI (Irdes)

– Session L – Transitions démographiques et territoires.Perspectives historiques et contemporaines
Co-porteur·e·s : Mélanie BOURGUIGNON, Yoann DOIGNON, Thierry EGGERICKX & Jean-Paul SANDERSON (Centre de recherche en démographie, UCLouvain, Belgique)

– Session M – Vivre les situations d’entre-deux. Champs d’expérience et horizons d’attente dans les espaces médians
Co-porteur·e·s : Denis ECKERT (Centre Marc Bloch, Berlin) & Béatrice VON HIRSCHHAUSEN (Géographie-cités)

– Session N – Time-Geography: A 50 Years Mode of Thinking Population, Times and Territories
Co-porteures : Sonia CHARDONNEL (PACTE) & Christina LINDKVIST (Malmö University, Suède)

– Session O – Connecting Care Needs, Space and Places.The Role of Health Technologies
Co-porteures : Stefania BELELLI, Sylvie OCCELLI, Chiara RIVOIRO, Valeria ROMANO & Bibiana SCELFO (IRES Research Unit on Health technology and Assessment)

– Session P – Circulations de plantes, de personnes et ancrages territoriaux
Co-porteur·e·s : Irène DOS SANTOS (Urmis), Laure EMPERAIRE (IRD), Dominique JUHÉ-BEAULATON (Centre Alexandre Koyré), Romain SIMENEL (IRD) & Emilie STOLL (LC2S)

– Session Q – 2020 : rythmes de vie, rythmes de ville.Quelles perspectives pour les politiques temporelles ?
Co-porteurs : Guillaume DREVON (EPFL, Lausanne) & Emmanuel MUNCH (LVMT)

– Session R – Entre espaces, temps et traditions culturelles : (re)penser les territoires nomades de la Préhistoire
Co-porteur·e·s : Béatrice COLLIGNON (Passages), Vincent DELVIGNE (PACEA & Université de Liège) & Christophe TUFFÉRY (CITERES & Inrap)

– Session S – Les données du web pour l’analyse longitudinale des populations et des territoires
Co-porteur·e·s : Romain LECONTE (Géographie-cités/CIST), Antoine PERIS (Delft University of Technology) & Marta SEVERO (Dicen-IDF)

– Session T – Les inégalités de santé au regard des temporalités : des trajectoires du soin aux trajectoires de vie
Co-porteur·e·s : Virginie CHASLES (EVS), Anne-Cécile HOYEZ (ESO), Clélia GASQUET-BLANCHARD (EHESP)

– Session U – L’information locale au prisme du temps réel
Co-porteures : Malika MADELIN (PRODIG) & Marianne GUÉROIS (Géographie-cités)

En savoir plus

Ce séminaire commun aux axes Territoires et santé (SANTE) et Information territoriale locale (INFTER) portait sur les données locales et les méthodes pouvant être mobilisées pour étudier l’accessibilité spatiale aux ressources de soins. Dans le même esprit que les précédents séminaires co-organisés par l’axe INFTER (projet Grandes métropoles), la journée a été organisée en deux temps :
– des études de cas le matin pour exposer des problèmes théoriques et méthodologiques
– un atelier informatique l’après-midi proposant de manipuler différents jeux de données.

Questions théoriques et méthodologiques autour de l’accessibilité spatiale aux soins

Florian Bayer (Agence de la biomédecine) & Charlène Le Neindre (IRDES)
L’accessibilité aux soins, un enjeu géographique de santé publique : focus sur la greffe d’organes en France

Hugo Pilkington (Ladyss, université Paris 8) & Hélène Charreire (Lab’Urba, Université Paris Est Créteil)
Enjeux de l’accessibilité spatiale aux maternités (pdf)

Timothée Giraud (RIATE)
OpenStreetMap pour la recherche sur l’accessibilité

Atelier informatique portant sur des calculs d’accessibilité spatiale à partir de données en accès libre

Hugues Pecout (CIST), Timothée Giraud & Ronan Ysebaert (RIATE)
Accessibilité et données OpenStreetMap sur R : exemple pratique sur les maternités de la Nièvre et de la Seine-Saint-Denis

Synopsis des interventions

Présentation du CIST, des axes SANTE et INFTER, ainsi que de la journée.

Charlène Le Neindre revient sur le cadre conceptuel de l’accès aux soins, en détaillant ses deux aspects, accessibilité (potentielle) et accès (réel), puis les dimensions spatiales et a-spatiales associées et leurs interactions. Les principaux indicateurs sont ensuite présentés et leurs limites discutées : la présence d’une offre de soins dans un territoire, sa quantité, sa densité (offre/demande) ou la desserte médicale (demande/offre), la distance spatiale entre l’offre et la demande, ou encore l’accessibilité potentielle localisée – APL (DREES/Irdes), indicateur inspiré des modèles d’interaction spatiale, actuellement utilisé dans le cadre de politiques publiques et dont la méthodologie est en cours de prolongation (Irdes/ORS Ile-de-France). Au-delà de la diversité de ces indicateurs, quelle distance utiliser dans la mise en relation de la demande avec l’offre de soins ? La confrontation des pratiques de Charlène Le Neindre et de Florian Bayer les a amenés à réfléchir à la production d’un distancier, tout en assurant la sécurité des données et la reproductibilité de leur méthodologie. Florian Bayer illustre ensuite l’utilisation de leur outil, avec l’exemple des greffes d’organes en France, où les scores d’attribution sont notamment liés à la gravité de l’état de santé du malade pondérée par la distance entre sites de prélèvement et de greffe. Plusieurs simulations utilisant leur distancier pour l’organisation du transport d’organes ont montré l’intérêt de recourir à l’hélicoptère pour les transferts de 100 à 300 km.

Hugo Pilkington présente ensuite les enjeux de l’accessibilité spatiale aux maternités. Après une description de l’organisation des maternités en France à travers leur typologie et le contexte historique des fermetures, il discute de l’accessibilité spatiale comme volonté politique – dans le discours (« mantra« ) – de fournir un niveau d’offre adéquat en fonction des besoins de la population. À partir de la présentation de ses travaux, il revient sur l’évolution de cette accessibilité (réduction en quantité, mais stabilité des temps d’accès : un moindre niveau de choix pour le patient ?) et son impact sur la santé périnatale en montrant les effets de la distance spatiale et des autres facteurs, notamment socio-économiques (par exemple, paradoxalement, la mortalité est parfois plus importante à proximité d’une maternité en milieu urbain : distance « sociale », grands équipements hospitaliers dans des quartiers défavorisés où le prix du foncier est peu élevé…). Enfin, il discute de la distance-temps, à partir d’une comparaison entre temps mesuré et temps déclaré (en fonction de la densité des zones). Hélène Charreire illustre ces évolutions à partir du cas de la Bourgogne qui sera repris dans l’atelier informatique de l’après-midi.

En amont de l’atelier de l’après-midi, Timothée Giraud présente OpenStreetMap (OSM) et ses conditions d’utilisation : base de données cartographique, libre et contributive, plus ou moins complète selon les zones géographiques (par exemple 3,4 Go de données sur la France versus 3,0 Go sur l’Afrique) permettant de calculer des itinéraires, parmi d’autres utilisations possibles (cartographie, sélection de données, géocodage…). Il détaille plus précisément OSRM, le moteur de recherche des plus courts chemins dans un réseau routier utilisant les données OSM, dont les potentialités sont riches (transparence sur les algorithmes, modification possible des règles, etc.) même si la question de la congestion du trafic n’est pas encore intégrée. Ses propos sont appuyés par de nombreux exemples d’utilisation (distance euclidienne et par la route en tous points de la métropole à une commune donnée, population potentielle en métropole dans un voisinage de différents pas kilométriques et temporels…).

Cette présentation est prolongée l’après-midi par un atelier informatique organisé par Hugues Pecout, Timothée Giraud & Ronan Ysebaert, qui permet de manipuler avec le logiciel R des données en libre accès sur les maternités, la demande potentielle de la population, le réseau routier et le découpage administratif, pour la Nièvre et son voisinage, afin de mettre en valeur les inégalités territoriales d’accessibilité à l’offre et de cartographier les différentiels d’accessibilité avant/après les fermetures d’établissements. Une adaptation de la chaîne de traitement à la Seine-Saint-Denis et ses environs est ensuite proposée et discutée.

En savoir plus

Identification et indexation des terrains d’étude dans les textes scientifiques : enjeux et pratiques

La première journée d’études organisée par Géographie-cités (transversalité Données et protocoles dans les humanités numériques), avec le soutien de l’axe INFTER du CIST et Pôle Image s’est tenue à Paris le 18 juin 2019.

Cette journée a mis en avant les enjeux associés à l’utilisation et la mise en visibilité de certains toponymes, les méthodes et les outils existants pour repérer les lieux mentionnés dans de grands corpus de textes et enfin, les enjeux associés à l’indexation des lieux mentionnés dans les publications en géographie. L’exemple du thésaurus PACTOLS utilisé en archéologie a fourni une base pour la comparaison. Les enjeux de la transition vers la plateforme OpenEdition ont également été abordés.

La journée a été riche en temps de discussion et a permis que des spécialistes en informatique, en science de l’information géographique, en science de la documentation, en édition scientifique et en études des sciences dialoguent et échangent sur les méthodes, les enjeux et les pratiques de la recherche.

Interroger les pratiques et le rapport aux terrains des chercheurs

Terrains surpâturés, science à distance, et mots-clefs de la géographie : tour d’horizon des travaux de l’UMR Passages
Grégoire Lecampion, Marine Duc & Matthieu Noucher, PASSAGES, Bordeaux

Le versant français des Pyrénées, terrain de la science mondiale ?
Marion Maisonobe, Géographie-cités, Paris

Méthodes pour identifier les terrains d’études dans les corpus scientifiques

Accès à l’information géographique dans les textes
Christian Sallaberry, LIUPPA, Pau

L’identification d’entités géographiques nommées avec la plateforme Cortext
Lionel Villard, LISIS, Marne-la-Vallée

Enjeux et propositions méthodologiques pour la recherche d’information

Désambiguïser les entités géographiques dans les publications de la base ISTEX
Pascal Cuxac, INIST, Vandœuvre-lès-Nancy

Entités nommées et indexation géographique dans la recherche d’information
Mathieu Orban, OpenEdition, Marseille

Le projet PACTOLS en archéologie et CybergeoNetworks en géographie

Le projet d’intégration de PACTOLS pour les revues d’OpenEdition
Mélanie Carmona, OpenEdition, Marseille et Édith Cannet, Métopes, Caen

Le projet CybergeoNetworks pour les revues de géographie
Clémentine Cottineau, Centre Maurice Halbwachs, Paris & Juste Raimbault, ISCPIF, Paris

Réflexions sur les pratiques d’indexation des lieux dans les revues de géographie

Table ronde autour des pratiques d’indexation en géographie avec Christine Kosmopoulous (Cybergeo) & Matthieu Noucher (M@ppemonde), animée par Guillaume Cabanac (IRIT).

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Le compte-rendu de la journée d’études coorganisée par l’axe SANTE du CIST, l’Irdes et l’EHESP le 28 novembre 2018 a été publié dans la revue en ligne issue de la plateforme d’archives ouvertes HAL ARCS – Analyse de réseaux pour les sciences sociales / Network analysis for social sciences.

Vous pouvez télécharger l’article à partir de la plateforme HAL (pdf in English).

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A l’issue de l’appel à sessions pour le 5e colloque international du CIST – Population, temps, territoires, ce sont pas moins de 33 propositions qui ont été considérées comme formellement recevables et soumises à une triple évaluation (expert « extérieur », membre du CS et un des deux responsables scientifiques du colloque).

Le conseil scientifique s’est réuni le 27 juin dernier en conviant les responsables des axes structurants du CIST, parties prenantes de la dynamique du réseau et de la mobilisation des chercheur.e.s en particulier lors des colloques internationaux. Ils ont ainsi pu débattre des différentes facettes de la thématique « Population, temps, territoires » et, dans le contenu des propositions, des manques éventuels et des chevauchements. La sélection finale a retenu une vingtaine de sessions (1/3 environ), qui serviront de base à l’appel à communications dont le lancement aura lieu courant septembre.

Le 5e colloque internatioonal du CIST se tient entre le 18 et le 21 novembre 2020 au campus Condorcet Paris-Aubervilliers.

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Ce compte-rendu de la réunion fondatrice de l’axe Information territoriale locale (INFTER) a été rédigé par Hugues Pecout, Malika Madelin et Marianne Guérois.

Présent·e·s

Francoise Bahoken (FB), Sylvestre Duroudier (SDur), Bernard Elissalde (BE), Julien Fen-chong (JF), Thierry Feuillet (TF), Nicolas Fonty (NF), Timothée Giraud (TG), Claude Grasland (CG), Françoise Lucchini (FL), Malika Madelin (MM), Florence Nussbaum (FN), Hugues Pecout (HP), Jean-François Valette (JFV), Ronan Ysebaert (RY).
Par Skype : Sarah Duché (SDuc), Marianne Guérois (MG)

Non présent·e·s mais intéressé·e·s

Pierre Beckouche (PB), Martine Drosz (MD), Hélène Mathian (HM), Mathieu Noucher (MN)

Ordre du jour de la réunion

– Reformulation du projet de l’axe pour 2019-2023
– Partage d’idées sur les actions à mener
– Retour sur les actions déjà prévues : 2 ateliers (un premier le 12 juin en collaboration avec l’axe Santé du CIST sur l’accessibilité aux services de soin ; un autre à l’automne sur les enjeux juridiques et éthiques de l’accès aux données locales) et 1 proposition de session au colloque CIST2020
– Discussions sur le pilotage de l’axe

Principaux points abordés

Reformulation du projet de l’axe pour 2019-2023

Dans le projet déposé, 2 sous-axes indiqués :
– Comparabilité thématique et spatio-temporelle de l’information locale dans les grandes métropoles : « Grandes métropoles » était un projet exploratoire, le bac à sable de l’axe en quelque sorte. Dans le nouvel axe INFTER, « Grandes métropoles » devient un sous-axe de l’axe principal INFTER. Plusieurs personnes sont intéressées par cette comparaison des grandes métropoles, notamment sur la thématique immobilier/foncier (FN sur les données AirBnB et Zillow, plateforme américaine)
– Production et usages de l’information locale participative : données participatives/collaboratives (méthodologie comparative des différents types de données)
NF : analyse de la cartographie citoyenne dans les grandes métropoles (terrain : Londres et Paris)/cartographie des acteurs et cartographie participative en ateliers.

BE : très intéressé par les données dite collaboratives (volontaires ou non) > sources très diverses et hétéroclites => investissement de l’axe dans des méthodologies de comparaison, notamment avec des données de référence (à partir de quand une BD devient une BD de référence ?). De plus, ces données collaboratives mériteraient une définition sur Hypergéo (~2 p.) => pourquoi pas par l’axe INFTER ?

SDuc : Comment croise-t-on données ouvertes et institutionnelles ? sur pollution de l’air et changements de comportements (Grenoble) + sur OSM

Partage d’idées sur les thématiques d’intérêt et les actions à mener

Travaux autour des mobilités

La thématique (large) de la mobilité est ressortie très nettement du tour de table de présentation et des discussions qui ont suivi => beaucoup de personnes intéressées !
Diversité des sources : mobilités saisies à partir de données de téléphonie mobile, de réseaux sociaux, de GPS liés à des activités sportives… ou de données du recensement. Il serait intéressant de partager les expériences sur les différences entre ces types de données liés à la mobilité (méthodo, qualité…) car tout le monde n’utilise pas les mêmes.

Intérêt sur la donnée localisée mais aussi sur le contenu (analyse textuelle des messages de Twitter pour JF ; ex. des grands thèmes, des lieux décrits pour FL)

Liens à faire avec des informaticiens pour la collecte voire le traitement (FL) et avec des acteurs institutionnels (discussion sur le CEREMA – FL, SDuc).

A plusieurs reprises, les questions éthiques et d’accès aux données ont été mentionnées.

Actions possibles
– JFV : un nouvel atelier sur Mexico ? Objectif mené avec France Guérin-Pace : qualifier territoire à partir de données de mobilité
– atelier sur les représentations des données de mobilité : déjà imaginé lors de la réflexion sur le 1er atelier proposé, confirmation de son intérêt lors du tour de table > FB très intéressée par représentation des mobilités selon les points de vue social/spatial/temporel (plutôt à l’échelle mondiale) ; travaux d’Etienne Côme et de Boris Mericksay mentionnés ; projet Mobiliscope mentionné par TF

Autres thèmes mentionnés

L’immobilier/le foncier : dans la continuité de ce qui a été fait dans Grandes métropoles (FN/MG/MM…)
CG : exploitation de la presse, données des journaux quotidiens locaux.

Mettre en place des ateliers méthodologiques

Plusieurs personnes aimeraient bien approfondir les questions méthodologiques… notamment du fait d’un manque d’ingénieur·e d’études (JF). En dehors des ateliers de l’axe, avec une entrée sur les différents volets méthodologiques (partage, collecte, diffusion…).
Des ateliers plus spécifiquement méthodologiques ? sous quelle forme ?

RY : intéressé par travail sur la comparaison des BD et leur qualité + mise en place analyse comparative et reproductible. Travaux sur le Bon coin (data immobilières) dans le cadre d’un projet européen.

HP : évocation du projet exploratoire CIST’R qui vient d’être lancé, et qui à terme devrait mettre en place un outil de diffusion de travaux réalisés sur R. A l’avenir, cet outil pourrait être utilisé par l’axe pour valoriser ses travaux (les ateliers méthodologiques, voire la création d’un package INFTER proposé par TF).

Associer les « tutelles » non académiques du CIST ou d’autres acteurs

CG : pour le colloque CIST2020, Il y aura également des sessions « acteurs » (pas de sélection par le CS). Cela pourrait être intéressant pour cet axe. Penser aux tutelles non académiques (partenaires) du CIST (IAU, CGET, IRDES)

FL, BE : cela pourrait être intéressant d’associer le CEREMA aux travaux de l’axe, par exemple proposer une session non académique au prochain colloque du CIST avec eux ? sans doute un peu tôt, voir s’il est possible dans un premier temps de les associer à un atelier ?

Tisser des liens avec d’autres structures travaillant sur l’Information territoriale locale

HP/MG/MM souhaitent attirer plus d’ingénieur·e·s à participer à cet axe.
FB évoque les ateliers GéoVisualisation (le précédent à Toulouse sur le climat ; l’année prochaine à Bordeaux (PASSAGES), par O. Pissoat) => on pourrait penser à un atelier commun ?

Projets pédagogiques

CG : un projet d’école d’été avec l’IRD prévu pour 2021 -> peut être intéressant pour l’axe INFTER

RAPPEL – On peut répondre à des appels d’offres dans le cadre de l’axe

CG : Il y aura bientôt un appel à projet de la part de « France stratégie » qui peut également intéresser des membres de l’axe (couverture téléphonique du territoire FR).

Retour sur les actions déjà prévues

2 ateliers
– un premier le 12 juin en collaboration avec l’axe Santé du CIST sur l’accessibilité aux services de soin
– un autre à l’automne sur les enjeux juridiques et éthiques de l’accès aux données locales (avec Christine Hadrossek de Riate)

Pour le colloque 2020 du CIST « Population, temps, territoires », proposition d’une session sur le temps réel et plateforme de service => retours positifs

Discussions sur le pilotage de l’axe

HP ne souhaite pas rester co-responsable de l‘axe afin de consacrer également du temps aux autres axes du CIST.
MM et MG indiquent qu’elles sont prêtes à laisser la main pour le pilotage de l’axe si d’autres membres sont intéressé·e·s pour prendre la suite.

Après consultation du règlement et de la direction du CIST, conditions pour être responsable d’axe :
– Etre titulaire.
– Un responsable d’axe peut ne pas être d’une équipe membre du CIST s’il est co-responsable de l’axe avec quelqu’un·e issu·e d’une équipe membre.
– Nombre de responsables maximum : officiellement 3, pas plus (même si un groupe plus élargi peut participer à l’animation)

⎝ Françoise Lucchini et Julie Fen-Chong se proposent pour être les nouvelles responsables de l’axe. Un grand merci à elles !

Échanges et croisements disciplinaires sur l’intégration régionale dans le monde

Le compte-rendu interdisciplinaire du colloque international qui s’est tenu les 21&22 mars 2019 a été rédigé par Pierre Beckouche (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Sylvia Brunet (Université de Rouen Normandie), Didier Georgakakis (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Nora Mareï (CNRS), Henri Regnault (Université de Pau et du pays de l’Adour), Yann Richard (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Liza Terrazzoni (EHESS)

Colloque co-organisé par l’axe REMOC du CIST, le LabEx DynamiTe et Prodig

Le colloque a permis d’entendre sur deux jours 22 présentations, en sessions plénières, principalement de géographes, sur l’intégration régionale dans le monde. Les sessions du colloque ont été présidées par des chercheur.e.s d’une autre discipline : droit, économie, sciences politiques (sociologie politique), histoire et sociologie, qui ont largement discuté l’analyse de ces géographes et ont organisé le débat interdisciplinaire. Ce dialogue a confirmé la nécessité pour les géographes d’approfondir les approches théoriques et méthodologiques de l’intégration régionale, pour être davantage visibles sur cette thématique territoriale contemporaine. En pleine négociation du Brexit, à la suite de la récente reformulation de l’ALENA devenu l’accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM/USMCA), à la suite de l’impact de la crise migratoire des voisinages méditerranéens sur l’Europe, ou encore de l’écart entre populations et « eurocratie » bruxelloise, les échanges interdisciplinaires mettent le doigt sur la nécessaire appropriation, des chercheur.e.s voire des citoyen.ne.s, de cette notion de régions (en particulier lorsqu’elle est fortement institutionnalisée), et également des enjeux de gouvernance qui l’accompagnent.

La régionalisation du monde est polymorphe, multidimensionnelle, multiscalaire et complexe. Elle s’impose néanmoins comme un échelon territorial indispensable pour comprendre les dynamiques de la mondialisation. L’analyse des sociétés à l’échelle macro-régionale clarifie les processus d’internationalisation, les normes, les forces qui font ou défont les relations de voisinage d’aujourd’hui (stratégies mondiales de conquête chinoise, instabilités politiques en Amérique latine et Afrique, crises sécuritaires, migratoires et environnementales, montée des populismes, nationalismes, protectionnisme…). Peut-on relever ainsi une double fonction de la macro-région : c’est d’abord une échelle d’observation et de compréhension de dynamiques mondiales ; mais c’est aussi une sorte de « régime spatial », autrement dit une coalescence, parfois initiée hors intentions des acteurs politiques dans un cadre de continuités spatiales. Dans cette perspective, le contact entre les hommes et les sociétés dans le temps est un élément majeur, tout comme une forme de projection dans un avenir commun.

Le colloque nous a conduit.e.s en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique latine et a montré que l’analyse de la régionalisation fournissait une grille de lecture des transformations territoriales des différentes parties du monde, toujours spécifiques aux territoires considérés mais comparables. Il a aussi montré que la proximité géographique reste un déterminant fort du déploiement des pratiques sociales au sens large. Les présentations ont permis de découvrir de nouvelles formes de coopération et d’invention territoriale (régionalisation des mers en Asie du Sud-Est ou en Arctique, triangle du Lithium entre Chili, Bolivie et Argentine, diffusion régionale des conflits et de la violence en Afrique centrale, régionalisation des mobilités étudiantes en Europe…). A partir des monographies régionales, la montée en généralité montre l’intérêt de l’approche par les voisinages pour comprendre les dynamiques de désintégration mais surtout de consolidation régionale depuis la seconde guerre mondiale.

Si pour les juristes les intégrations régionales ne suivent pas les logiques territoriales (indissociables de l’État) mais d’abord celles produites par les institutions, si pour les économistes elles sont produites par les accords internationaux (sans obligation de contiguïté spatiale), les géographes pensent la région à partir des territoires. Ils observent leurs acteurs économiques, politiques, sociaux et leurs réseaux, leurs représentations, leurs discours, leurs actions fonctionnelles et leurs réalités institutionnelles. Ils côtoient donc la sociologie politique, l’histoire ou les relations internationales dans le souci de restituer la complexité thématique et disciplinaire de ces territoires. La macro-région multi-étatique ou trans-étatique des géographes est territorialement continue, elle est avant tout une construction – sociale, économique, politique, culturelle – dynamique, qui peut se faire et se défaire. Elle n’existe pas a priori comme une entité naturelle déjà là qui ne demanderait qu’à être découverte. Elle est un système spatial continu structuré par des interactions entre des unités territoriales initialement distinctes, et plus fortes en interne qu’avec l’extérieur. Le défi des géographes qui travaillent sur la régionalisation reste de faire avancer leur débat méthodologique afin d’apporter une contribution plus lisible aux autres disciplines. C’est ce que les non-géographes les ont encouragé.e.s à faire.

Les discussions se sont également orientées sur la place et le rôle de l’État face à la multiplication des acteurs non étatiques qui produisent également du territoire. L’État étant débordé à l’échelle globale, l’échelle régionale est-elle une manière de retrouver une action politique possible ? La région ou macro-région, en tant qu’échelle intermédiaire des relations internationales, renvoie ainsi à une réflexion sur le rôle de l’État face à des sociétés qui ont parfois du mal à mener des projets lorsque ceux-ci articulent une dimension locale, nationale et internationale. Enfin, l’intégration régionale facilite-t-elle la solidarité internationale ? Cette question est apparue dans plusieurs communications jusqu’à présenter la désintégration régionale comme une conséquence d’un défaut de solidarité au sein des régions institutionnelles. Pour reprendre les termes du géographe Armand Frémont, la macro-région peut-elle être un espace vécu ? C’est une question à la laquelle les géographes tentent de répondre en croisant, et pas en confrontant, approches top-down et bottom-up de cette fabrique d’une échelle macro-régionale de gouvernance des territoires.

Plus globalement la question des motifs et objectifs de l’intégration régionale et de son efficacité est posée et, à travers elle, la question fondamentale de savoir ce qu’est une « région d’échelle macro-régionale » et donc ce qu’est le « territoire », auquel la macro-région est forcément indexée. D’autre part, l’enjeu est de savoir dans quelle mesure on peut ou non parler d’intégration, au sens d’institutionnalisation formalisée, d’harmonisation des réglementations ou de simples interactions/coopérations. L’évaluation de ces degrés d’intégration amène également à s’interroger sur les moyens (politiques, juridiques, économiques…) mis en œuvre et sur l’efficacité de la régionalisation économique ou du régionalisme politique là où ils ont émergé ou vont émerger. Finalement, même s’ils sont largement concurrencés par différents acteurs internationaux et locaux formels ou informels, publics ou privés, les acteurs étatiques semblent difficilement « solubles », au sens où ils se dissolvent difficilement, car seul l’État dispose de la « compétence de la compétence ». Mais on peut même considérer qu’ils sont au contraire « solubles » au sens où ils peuvent trouver leur salut et un nouveau souffle via la coopération inter-étatique et/ou trans-régionale. Si le cadre national est aujourd’hui dépassé, l’État peut se renouveler et tenter, par l’intégration régionale (les organisations internationales notamment), de trouver sa place dans un monde désormais globalisé.

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Les participants représentaient les laboratoires suivants : AE&CC : Romain Lajarge ; ART-Dev : Pascal Chevalier (visio. Montpellier) ; CITERES : Sarah Anaïs Achache, Roméo Carabelli (visio. Tours), Laurent Cailly (visio. Tours), Patrice Melé ; Lab’ Urba : Julien Aldhuy ; LAVUE : Caroline Rozenholc-Escobar ; MIGRINTER : Pierre Kamden ; PACTE : Pierre-Antoine Landel
Participations aussi de Gwénaël Doré, associé à l’UMR SAD-APT, et Angélique Paille, chercheure IRSEM, associée à l’UMR PRODIG

Patrice Melé rappelle que cette réunion « fondatrice », selon le langage adopté par le CIST, a vocation à statuer sur la gouvernance de l’axe et à valider le programme d’activités. Il note aussi que l’axe A&T a réalisé en juin 2018 une réunion de bilan et de programme qui avait permis de travailler collectivement sur la définition des trois sous-axes qui structureront l’activité pour la période 2019-2023.
Il signale également que les journées d’étude co-organisées avec l’UMR CITERES en décembre 2018, Rapports à l’espace et formes d’engagement. Ancrage, attachement et territorialisation, donneront lieu à une publication dans L’Espace politique, revue référencée en ligne. Un appel à contributions est actuellement diffusé (date limite : 1er juin).

La réunion se poursuit par la présentation et une mise en discussion du programme scientifique et de l’organisation en trois sous-axes (cf. annexe 1) :
– Recomposition des modalités d’actions territoriales
– Rapport(s) au(x) droits et territorialisation
– Transitions localisées et dynamiques territoriales.

Les projets d’action pour 2019 sont ensuite présentés par les porteurs des différentes actions :
Transitions localisées et dynamiques territoriales. Une journée d’étude est en cours d’organisation par Pierre-Antoine Landel, Kirtsen Koop et Jean-Baptiste Grison (PACTE, Université Grenoble Alpes) (cf. annexe 2). Initialement prévue au mois de juin cette journée est reportée en septembre à une date à confirmer rapidement. Cette journée aura lieu à Paris, l’idée est d’inviter des équipes de recherche ayant travaillé sur cette question à présenter leurs principaux résultats et/ou à participer à la discussion pour le montage d’actions conjointes sur cette thématique.
– La participation de l’axe A&T aux journées d’études d’un programme de recherche financé par l’I-Site Future, porté par le Lab’ Urba, le LATTS, le LVMT et le GT Production urbaine et marchés (LabEx Futurs urbains), Les firmes globales dans les stratégies et la gouvernance des métropoles mondiales (Paris, Londres, New York, Milan), co-organisées par l’Université de la Sapienza (Rome) et CUNY, est ensuite présentée par Julien Aldhuy. Pour le moment la date et le lieu de cette activité ne sont pas encore fixés. Si cette journée d’études a lieu à Rome, il sera plus difficile d’ouvrir largement aux membres de l’axe A&T.
– La journée d’étude Co-construction des périmètres/périmètres de co-constructions, co-organisée par Pascal Chevalier et Stéphane Ghiotti en collaboration avec l’UMR ART-Dev, aura lieu le 11 décembre 2019 à Montpellier. Ce sera l’occasion d’impliquer plus largement les membres d’ART-Dev aux activités de l’axe.
– Laurent Cailly précise que la journée d’étude Nouvelles mobilités, pratiques, expérimentations et mobilisations collectives (avec l’axe MIT) un temps envisagée fin 2019 sera réalisée en 2020 pour des raisons de calage du programme avec l’axe MIT.

La programmation pour 2020-2022 (cf. annexe 3) est évoquée, il est rappelé que les propositions actuelles pourront être modifiées et adaptées, d’autres propositions d’activité sont les bienvenues.

Modifications de la gouvernance de l’axe A&T

Suite à un échange sur cette question, les modalités de gouvernance de l’axe A&T sont modifiées : Julien Aldhuy (Lab’urba), Pascal Chevalier (Art-Dev), Patrice Melé (CITERES) assureront la coordination des activités de l’axe.

Un groupe de pilotage de 10 personnes permettra de débattre de la programmation des activités et d’assurer le relais vers les laboratoires. Ce groupe de pilotage est constitué des coordinateurs et de Marion Amalric (CITERES), Laurent Cailly (CITERES), Christophe Demazière (CITERES), Stephane Ghiotti (Art-Dev), Pierre Kamden (MIGRINTER), Romain Lajarge (AE&CC), Pierre-Antoine Landel (PACTE).

  • Annexe 1 - Présentation du projet scientifique 2019-2023

    Cet axe, initié fin 2014, a pour objectif d’étudier les processus de territorialisation à partir d’une réflexion sur les effets des actions individuelles et collectives et de leurs relations avec les recompositions de l’action publique.
    Il s’agit donc, à partir d’une mise en relation et d’une confrontation des travaux de recherches développées au sein des laboratoires membres, de maintenir au sein du CIST un espace de débat, de réflexion, d’échange et de capitalisation sur ces thématiques. La réflexion sur les effets spatiaux et territoriaux des actions (individuelles, collectives et publiques) constitue un niveau d’interrogation nécessaire pour la construction de sciences territoriales ancrées au sein des débats les plus contemporains des sciences sociales.
    Nous proposons d’organiser les travaux 2019-2023 autour des trois sous-axes suivants, choisis pour leurs capacités à pouvoir constituer des champs d’interrogation d’une part, des dynamiques territoriales récentes et, d’autre part, des modalités d’interactions entre ces trois formes d’action.

    1 – Recomposition des modalités d’actions territoriales

    La reconfiguration de l’action publique liée en partie au désengagement des États, la montée en puissance de la décentralisation et l’implication de nouveaux acteurs dans les dispositifs de gouvernance, implique des conceptions renouvelées des modalités d’action dans le champ des politiques publiques. La logique de planification après avoir été supplantée par celle de projet l’est maintenant par celle de coopération, participation et empowerment. Cela induit la mise en œuvre de nouveaux référentiels d’action, de nouvelles formes de gouvernance. Ceux-ci s’inscrivent désormais dans une dynamique politique de promotion du développement des territoires parfois sur la base d’initiatives locales, organisées sous forme de partenariats et encadrées par des procédures de contractualisation avec les échelons supérieurs du système territorial, parfois sous la forme d’une mise en concurrence des différents acteurs à travers différents types d’appels (appel à manifestations d’intérêt, appel à projets urbains innovants, etc.), souvent convergents. Dans de telles logiques, la mobilisation d’un réseau d’acteurs devient essentielle, si ce n’est primordiale, dans l’efficacité de la mise en œuvre de l’action publique. L’objectif de ce sous-axe est d’interroger la question du développement territorial non pas comme un moyen de résoudre un problème posé à une communauté mais plutôt comme la capacité des territoires à reconnaître, enclencher et soutenir la mobilisation sociale garante de la réussite de l’action collective à laquelle l’action publique doit s’adapter, et ce, dans des configurations socio-spatiales différentes (métropoles, territoires ruraux, espaces périurbains) qu’il s’agira de comparer.

    2 – Rapport(s) au(x) droits et territorialisation

    Il s’agit ici d’interroger la place du droit, des relations au droit, de l’actualisation localisée des normes d’action dans les processus de territorialisation. L’enjeu est d’ouvrir un espace de débat pluridisciplinaire permettant d’élargir les laboratoires et chercheurs participants – du côté du droit, de la sociologie et de l’anthropologie du droit, de la science politique – en complexifiant l’analyse de la mise en œuvre du droit et de ses effets pour l’action individuelle, l’action collective et l’action publique. Non seulement le droit détermine des catégories d’usages et des formes d’action dans le cadre de processus de qualifications juridiques de l’espace, mais le cadre juridique attribue aussi des identités d’action et des ressources aux différents acteurs. Par ailleurs, il est nécessaire de prendre en compte sa dimension cognitive.
    Trois questionnements principaux peuvent être identifiés :
    (1) Quel rôle exercent les tendances à la judiciarisation des conflits de proximité doublée de demandes de juridicisation des dynamiques socio-territoriales perçues comme des nuisances ?
    (2) Comment analyser les recompositions de la territorialité du droit aujourd’hui mise à l’épreuve par des processus d’internationalisation, d’hybridation et des tendances au pluralisme juridique ?
    (3) Quelles évolutions dans les formes de régulations localisées adaptées à des projets, à la gestion de ressources ou aux expérimentations construites en termes de « communs » ?

    3 – Transitions localisées et dynamiques territoriales

    Ce sous-axe a pour objectif d’interroger les effets territoriaux des actions individuelles, des actions collectives, des actions publiques qui s’inscrivent au sein de dynamiques de transitions socioterritoriales. Sous des formes plus ou moins volontaristes la transition est devenue un horizon d’action dans le cadre de projets d’émancipation et de renforcement du pouvoir d’agir ou de la nécessaire prise en compte des enjeux écologiques, énergétiques, environnementaux et/ou sociaux. Les formes d’engagement localisées autour d’expérimentations de modes d’habitat, d’échanges, de travail et de mobilité semblent se multiplier ainsi que les injonctions des politiques publiques qui promeuvent des changements de pratiques et valorisent l’engagement et l’expérimentation collective. Par ailleurs, les évolutions des dispositifs sociotechniques semblent promettre l’avènement de nouvelles formes de réflexivité individuelle, collective et sociétale. Ce sous-axe s’appuiera en particulier sur les travaux développés sur la capacité des innovations sociales localisées à transformer les dynamiques territoriales. Plusieurs niveaux d’interrogations pourront être développés : (1) Quid de la prise en compte par l’action publique des innovations et expérimentations sociales ? (2) Comment caractériser les formes d’inscription spatiale et les échelles des innovations : lieux isolés, réseaux, combinaisons multi-niveaux ? (3) Comment analyser les processus de percolation des valeurs et principes des acteurs des innovations sociales envers la population locale et les institutions, le changement de modes de vie et de normes ?

  • Annexe 2 - Projet de présentation de la journée d’étude Transitions localisées et dynamiques territoriales

    Journée organisée dans le cadre de l’axe A&T par Pierre-Antoine Landel, Kirtsen Koop et Jean-Baptiste Grison (PACTE, Université Grenoble Alpes)

    Cette journée a pour objectif d’interroger les effets territoriaux des actions individuelles, collectives et/ou publiques qui s’inscrivent dans les dynamiques de transitions socio-territoriales. Sous des formes plus ou moins intentionnelles, la transition est devenue un horizon d’action dans le cadre de projets d’émancipation et de renforcement du pouvoir d’agir ou de la nécessaire prise en compte des enjeux écologiques, énergétiques, environnementaux et/ou sociaux. Les formes d’engagement localisées autour d’expérimentations de modes d’habitat, d’échanges, de travail et de mobilité se multiplient ainsi que les injonctions des politiques publiques qui promeuvent des changements de pratiques et valorisent l’engagement et l’expérimentation collective. Par ailleurs, les évolutions des dispositifs sociotechniques semblent promettre l’avènement de nouvelles formes de réflexivité individuelle, collective et sociétale.

    Plusieurs entrées peuvent être proposées pour penser les transitions « localisées » :
    Par l’action collective, l’hétérotopie comme lieu dans lequel est réalisé une utopie (Foucault, 1984). D’abord définis comme des « espaces autres », ils sont considérés comme des lieux « autres » en rupture avec l’espace environnant ;
    Par l’innovation sociotechnique qui interroge les interrelations entre des innovations de niches, des régimes sociotechniques et un paysage sociotechnique exogène (Geels & Schot, 2007) ;
    Par l’innovation sociale, définie comme « émanant de la société civile et visant à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux […], dans un contexte économique et institutionnel qui ne répond pas ou plus à ces besoins » (Klein & Harisson, 2007), voire l’innovation sociale transformative qui contribue à la transformation sociétale en profondeur, aussi bien dans son intention que par les processus qu’elle engendre (Avelino et al., 2014, p. 5). Il interroge leur capacité à transformer des dynamiques territoriales ( Richez Battesti et al., 2012).
    Par l’action publique, sur la base du développement d’actions locales, par exemple les villages de Ungersheim, Loos-en-Gohelle, Saint-Camille, etc., présentés comme des municipalités en transition (Rivat, 2017)

    Cette journée questionnera en particulier les relations entre transition et territoires, au travers de différentes questions : Quelles sont les territorialités des processus de transitions ? Les processus de transition peuvent-ils être « territorialisant » ? Que peut-on dire du développement territorial face aux projets qui s’inscrivent dans la transition socio- écologique ?
    Elle posera l’hypothèse des territorialités émergentes, dont les contours et leur articulation avec le(s) territorialité(s) conventionnelles restent à interroger. Ces territorialités font référence à la notion de marge (Corrado, 2010 ; Giraut, 2010 ; Fourny, 2014), à l’altérité, aux « arrangements territoriaux » (Klein et al., 2016). Ils ouvrent aussi à des démarches de caractérisation des formes d’inscription spatiale des innovations s’inscrivant dans la transition socio-écologique : lieux isolés et réseaux, dont les relations avec les territoires d’inscription sont à définir et caractériser (Landel et al., 2018). Cette hypothèse ouvre ainsi la possibilité d’analyser des processus de transformations des dynamiques territoriales, à partir des différents types de spatialités discernés. La percolation des valeurs et principes des porteurs d’initiatives de transition envers la population locale et les institutions, le changement de modes de vie et de normes, méritent d’être approfondies. Ils ouvrent à des travaux à construire avec d’autres équipes, pour initier des débats sur la transition territoriale.

    La journée aura pour objectif de réunir des équipes travaillant sur des thématiques reliant transition et territoires.
    Le matin sera consacré à des présentations de travaux d’équipe
    – Pierre-Mathieu Le Bel (IRSTEA), président du CREFAD Auvergne
    – Ariane Huguenin (Université de Neuchâtel) – Transition par la valuation
    – Kirsten Koop, Pierre-Antoine Landel – Interroger la capacité transformative des innovations sociales
    L’après midi serait décomposée en deux temps :
    – Un premier temps permettra de présenter des dispositifs d’observation de la transition localisée, en particulier à partir d’une intervention de Jean-Baptiste Grison sur la mise en place d’une plateforme d’échange sur les innovations sociales en montagne
    – Dans un second temps seront explorées les possibilités de coopérations entre équipes pour développer des travaux et répondre à des appels à projets.

  • Annexe 3 - Activités envisagées 2020-2022

    2020

    Premier semestre

    – La planification des métropoles : entre grands projets et urbanisme ordinaire (France, Allemagne, Espagne, Italie…) (séminaire) : mise en débat des résultats d’un programme collectif international sur Metropolitan Planning and Governance, Christophe Demazière

    Deuxième semestre

    – Nouvelles mobilités, pratiques, expérimentations et mobilisations collectives (avec l’axe MIT)
    – Rapport au droit, demandes de droits et territorialisation (journée d’étude), Patrice Melé
    – Participation de l’axe AT au colloque international pluridisciplinaire sur la recomposition des territoires de l’action publique au printemps proposé par le projet exploratoire sur les recompositions de l’action publique.

    2021

    Premier semestre

    – Approches croisées internationales des recompositions de l’action publique territoriale (journée d’étude), Julien Aldhuy, Christophe Demazière

    Deuxième semestre

    – Patrimonialisation, ressources ou frein à la transition des territoires ? (journée d’étude), Pierre-Antoine Landel, Patrice Melé
    – Transitions écologique et inégalités territoriales (journée d’étude), Marion Amalric, Stephane Ghiotti

    2022

    Premier semestre

    – Temporalité et territorialisation (journée d’étude), Pascal Chevalier
    – Identifier, construire et instrumentaliser la figure habitante (journée d’étude), Laurent Cailly
    – Proposition d’une session A&T dans le 6e colloque du CIST

    Second semestre

    – Des normes localisées aux dynamiques des normes en mobilité. Droit(s) et processus de territorialisations par les migrations (journée d’étude), Pierre Kamdem

La fédération de recherche CIST (FR2007) a été formellement renouvelée pour 2019-2023 lors de son comité de direction du 6 décembre 2018 sur la base de son auto-évaluation construite à l’issue d’un processus d’appel à axes structurants et à projets exploratoires, et l’examen des propositions par le conseil scientifique.

Le passage du CIST de groupement d’intérêt scientifique (GIS) à fédération de recherche (FR) en 2017 avait déjà permis de structurer plus fortement l’organisation de ses activités lors de la mise à plat nécessaire pour la rédaction de ses nouveaux statuts. Les « projets exploratoires » – permettant une certaine prise de risque car sur une période plus courte et avec moins d’enjeux d’évaluation – avaient ainsi leur place aux côtés des axes désormais structurants.

La rédaction du projet 2019-2023 a permis, par l’intermédiaire d’un appel formel, de sonder les axes existants pour en conserver 7 (A&T, INFTER, MEDIA, MIT, PAST, REMOC et SANTE). Tous ont organisé leur réunion fondatrice au cours du 1er trimestre 2019.
Le conseil scientifique qui s’est réuni en septembre 2018 a également retenu 4 projets exploratoires prévus pour 1 à 3 ans selon leurs objectifs (ARAPT, CIST’R, MIGR et TWINE). Pour certains, cette période sera l’occasion de poser des jalons pour préfigurer un axe à venir.

Si le périmètre des projets se limite à quelques individus, l’ensemble du réseau du CIST, composé à la fois d’ingénieur·e·s et chercheur·e·s de ses 25 équipes et 6 partenaires membres, est libre de s’impliquer à la fois dans les activités des axes structurants et des colloques internationaux du CIST.
A noter, la thématique du prochain colloque – Population, temps territoires – qui se déroulera en novembre 2020 sur le campus Condorcet Paris-Aubervilliers : l’appel à sessions CIST2020 est ouvert jusqu’à début juin 2019.

Enfin, la direction se réorganise puisque Clarisse Didelon-Loiseau la quitte pour se consacrer à de nouveaux projets. Elle est donc dorénavant composée de Claude Grasland, directeur, et France Guérin-Pace, directrice adjointe.

Présent·e·s

Sophie Baudet-Michel, Audrey Bochaton, Hélène Charreire, Guillaume Chevillard, Benoit Conti, Yohan Fayet, Julie Freyssenge, Claude Grasland, Justine Henry, Charlène Le Neindre, Florent Occelli, Sylvie Occelli, Sandra Perez, Léa Prost, Bibiana Scelfo

Excusé·e·s

Myriam Baron, Emmanuel Eliot, Emmanuelle Faure, Thierry Feuillet, Sébastien Fleuret, Clélia Gasquet-Blanchard, Luc Gwiazdzinski, Anne-Cécile Hoyez, Sébastien Oliveau, Eric Plantard, Noémie Rapegno, François Taglioni, Maxime Thorigny, Julie Vallée

Ordre du jour de la réunion

Présentation de l’axe

– Fixer les objectifs de l’axe, retour sur l’enquête auprès des membres de l’axe
– Proposer des thématiques de journées d’études pour 2019-2020
– Discuter de sessions de l’axe pour le prochain colloque « Population, temps, territoires » qui se tiendra sur le campus Condorcet à l’automne 2020
– Présenter et nommer de manière formelle les responsables de l’axe

Présentation thématique

Sylvie Occelli & Bibiana Scelfo, IRES Piemonte (Istituto di Ricerche Economico Sociali del Piemonte) – Flux de patients et télémédecine dans un contexte régional : perspectives pour la région du Piémont

Principaux points abordés

Rappel relatif à la FR CIST

GIS créé en 2010, devenu FR en 2017, laquelle a été renouvelée pour la période 2019-2023

Mission générale : constituer les sciences territoriales

Cela passe par 4 priorités :
Théoriser : faire progresser la théorisation de sciences territoriales dans un cadre à la fois inter, multi et transdisciplinaire et international
Analyser : développer des axes de recherche innovants à la fois d’un point de vue thématique et méthodologique
Agir : contribuer à construire une réflexion scientifique en lien avec les demandes institutionnelles, sociales et citoyennes à propos des territoires
Former : contribuer à développer des formations académiques ou professionnelles en matière de sciences territoriales

4 types d’activités : 7 axes structurants (dont SANTE), 4 projets exploratoires, contrats, colloques internationaux

7 tutelles à voix délibérative : CNRS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université Paris Diderot, Ined, IRD, Université Grenoble Alpes, Université de Rouen

3 ingénieur·e·s : Marion Gentilhomme (communication, édition), Hugues Pecout (traitement des données, géomatique…), Sophie Vallet (gestion, mission, budget)

Bilan et projet de l’axe structurant SANTE

Les territoires jouent un rôle important dans l’approche transversale de la santé pour caractériser et comprendre le niveau sanitaire des individus et populations, identifier et analyser la combinaison de facteurs qui conduisent à une situation sanitaire, mettre en œuvre les systèmes sanitaires et médico-sociaux ou repérer les alertes et prévenir les risques de contagion.

Objectifs : depuis sa création en 2012, un des objectifs de l’axe a été de fédérer les personnes étudiant, jusqu’alors de manière dispersée en France, les multiples dimensions des territoires qui interagissent avec la santé en :
– offrant un cadre pour se rencontrer, échanger, faire des projets ensemble de manière conviviale
– favorisant la pluridisciplinarité et le croisement d’académiques, d’institutionnels et d’acteurs

Activités : plusieurs sont annuellement proposées et consistent généralement en
– l’animation de réunions internes des membres de l’axe où sont notamment partagées des informations et présentés des travaux récents, en cours ou débutants de membres ou bien d’extérieurs
– l’organisation de séminaires thématiques et/ou méthodologiques
– la participation à des événements dépassant le cadre de l’axe, voire de la FR CIST

Récapitulatif des activités depuis 2012 (voir l’agenda complet)

2012

Quartiers et santé en milieu urbain. Regards croisés sur la dimension locale des faits de santé dans les villes du Nord et du Sud, journée d’études coorganisée avec l’Ined, 27 septembre 2012, Paris

2013

4 réunions internes de l’axe, 9 janvier 2013, 10 avril 2013, 19 juin 2013 et 9 octobre 2013, Paris

2014

3 réunions internes de l’axe + discussions autour d’articles scientifiques, 5 février 2014, 4 juin 2014 et 17 septembre 2014, Paris
Genre, territoire et santé, séminaire coorganisé avec l’EHESP, l’UMR ESO, l’Université Paris Ouest, l’ORS Ile-de-France, l’Université Lyon 3, 17 janvier 2014, Paris => valorisation dans le cadre d’un dossier thématique « Genre, territoire et santé » ouvert dans la Revue francophone sur la santé et des territoires (RFST) en 2016
Expositions environnementales et santé : évaluations, attentes et incertitudes, séminaire coorganisé avec l’EnvitéRA, les universités Lyon 2 & Lyon 3, EVS, 17 octobre 2014, Lyon
Article collectif des membres de l’axe : « Géographie de la santé et territorialisation des politiques », in Cahiers de l’IAU îdF n° 170-171, 2014, « Territoires, incubateurs de santé ? », pp. 88-89

2015

2 réunions internes de l’axe + discussions autour d’articles scientifiques : 28 janvier 2015 et 27 mai 2015, Paris
Décentralisation sanitaire et territorialisation en France : approche comparée, séminaire coorganisé avec l’IAU îdF, 10 novembre 2015, Paris => valorisation dans le cadre d’un dossier thématique dans Carnets de santé « Décentralisation et territorialisation sanitaire » en 2017

2016

3 réunions internes de l’axe + discussions autour d’articles scientifiques : 13 avril 2016, 15 juin 2016, 9 novembre 2016, Paris

2017

2 réunions internes de l’axe + discussions autour d’articles scientifiques ou présentations thématiques : 22 mars 2017, 3 octobre 2017, Paris
Organisation et participation des membres actifs de l’axe au 17e International Medical Geography Symposium (IMGS), 2-7 juillet 2017, Angers

2018

3 réunions internes de l’axe + discussions autour de présentations thématiques, 7 février 2018, 22 mai 2018, 6 novembre 2018, Paris
Séminaire « Potentiel, trajectoire, équilibre – Approches et enrichissements pluridisciplinaires », 15 février 2018, Paris
Session santé intitulée « Représentations et pratiques territoriales de la santé » (onglet « Présentation par thématique » > session « S10 »), co-portée par Clélia Gasquet-Blanchard, Virginie Chasles et Alain Vaguet, lors du 4e colloque du CIST « Représenter les territoires », 22-24 mars 2018, Rouen
Organisation et participation des membres actifs de l’axe aux 1res rencontres de géographie de la santé, 14&15 juin 2018, Lyon
Analyse de réseaux appliquée aux données de santé (ARAQNÉE), journée d’études coorganisée avec l’Irdes et l’EHESP, 28 novembre 2018, Paris => valorisation dans le cadre d’un article d’actualités dans la revue en ligne Analyse de réseaux pour les sciences sociales (ARCS).

Dernières informations

La proposition de renouvellement de l’axe SANTE pour la période 2019-2023 afin de poursuivre les objectifs et activités engagés depuis 2012 et, si possible, de les élargir a été validée le 6 décembre 2018. Enveloppe budgétaire annuelle. Liste annuelle des membres actifs. Evaluation à mi-parcours.

Retour sur l’enquête envoyée aux membres actifs de l’axe en novembre 2018 (22 réponses)

Variété des thématiques à aborder
– Accessibilité aux soins 3
– Environnement & santé 6
– Urbanisme favorable à la santé 1
– Inégalités territoriales de santé 1
– Impact des TIC sur la santé 1
– Prévention/promotion de la santé dans les territoires 1
– Méthodologies mobilisées 5

Avez-vous d’autres propositions à faire pour l’animation de l’axe et sa contribution à des réseaux/événements ?
– Créer un réseau international, à partir de la participation des partenaires européens
– Mettre en place un réseau de « correspondants » sur différents territoires
– Solliciter les acteurs de la santé

Prochaines activités

4 juin 2019

date limite de l’appel à sessions pour le prochain colloque du CIST « Population, temps, territoires », 19-21 novembre 2020, campus Condorcet Paris-Aubervilliers.
Il serait intéressant que des sessions en lien avec l’axe SANTE puissent se tenir dans ce cadre. Des sessions « acteurs » peuvent être montées en parallèle des sessions académiques. Septembre 2019-janvier 2020 : appel à communications.

12 juin 2019

Accessibilité spatiale aux soins : éclairages théoriques et méthodologiques, séminaire coorganisé avec l’axe INFTER (INFormation TERritoriale locale) organisé sur le campus Paris Diderot par Charlène Le Neindre, Hélène Charreire, Marianne Guérois, Malika Madelin, Hugues Pecout, Timothée Giraud (RIATE) & Ronan YSEBEART (RIATE). 2 temps : des études de cas le matin pour exposer des problèmes théoriques et méthodologiques et un atelier informatique l’après-midi proposant de manipuler différents jeux de données.

7 octobre 2019

réunion interne de l’axe SANTE (ordre du jour à venir)

12&13 novembre 2019

Méthodes participatives en santé environnement, séminaire organisé à l’Université Paris Nanterre par Anne-Peggy Hellequin & Audrey Bochaton (programme à venir)

Juin 2020

2es rencontres de géographie de la santé organisées à Rennes par un collectif français de géographes de la santé (appel à communications à venir)

D’autres suggestions ? N’hésitez pas à nous en parler !

Proposition des co-responsables d’axe Audrey Bochaton (Ladyss, UPN) et Charlène Le Neindre (Irdes/Géographie-cités) : approuvée

Point divers

La Revue francophone sur la santé et les territoires (RFST) est un espace de publication interdisciplinaire ouvert aux travaux scientifiques portant sur la dimension spatiale de la santé et, inversement, sur la dimension “santé” des territoires.

N’hésitez pas à y soumettre vos articles !

Session thématique

Flux de patients et télémédecine dans un contexte régional : perspectives pour la région du Piémont (support de présentation, pdf)
Sylvie Occelli & Bibiana Scelfo (IRES Piemonte)

Sylvie Occelli est urbaniste en charge de la planification régionale au sein de l’Institut de recherche socio-économique du Piémont (IRES Piemonte) qui est basé à Turin en Italie. Pour produire des analyses régionales, elle a travaillé à partir de divers indicateurs tels que le logement, les indicateurs socio-environnementaux, les transports, la mobilité. Ses domaines de recherche actuels sont les suivants : l’impact des technologies de l’information et de la communication sur le développement régional, la santé & le numérique, la télémédecine comme un moyen de soutenir de nouvelles politiques publiques de santé. Sylvie est responsable de l’unité de recherche sur les systèmes sociotechniques et la stratégie d’innovation.

Bibiana Scelfo est chargée de recherche à l’IRES Piemonte dans le service de santé publique et participe à la recherche sur l’évaluation et la gestion des technologies de la santé. Ses principales activités consistent à évaluer des dispositifs innovants à l’appui de la prise de décision au niveau de l’autorité régionale de la santé publique. Ses travaux visent également à aider la conception et la mise en œuvre de processus novateurs au sein du système de santé publique à l’échelle régionale (plan régional de gestion des maladies chroniques, diffusion du dossier de santé numérique, développement de la télémédecine).

En savoir plus

Présent.e.s

Monique Bertrand (IRD CESSMA, Afrique de l’ouest, terrains urbains, mobilités migratoires, résidentielles, quotidiennes (UR IRD : mobilités et recompositions urbaines), aujourd’hui politiques publiques, articulations des lieux de vie en ville
Véronique Boyer (CNRS, anthropologue, amazoniste, expansion des églises évangélistes, parcours de migrations, revendications identitaires paysans indiens, noirs ; circulation entres les catégories identitaires et aussi administratives avec des régimes fonciers)
Sonia Chardonnel (PACTE Grenoble, géographe, mobilités quotidiennes)
Vincent Coëffé (ESTUA Angers, mobilités touristiques, mise en tourisme des lieux, pratiques touristiques et engagement du corps et rapport au territoire ; création le 6 mai du GIS autour des études touristiques (un sous-champ : mobilités touristiques)- Françoise Dureau (Migrinter, géographe, démographe)
Julie Fen-Chong (mobilité quotidienne, données téléphonies mobiles, données)
France Guérin-Pace (directrice adjointe du CIST)
Christophe Imbert (IDEES, géographe, Rouen, mobilités, agglomération parisienne)
Claire Médard (URMIS, contrôle territorial, foncier en Afrique de l’est)
Naïk Miret (Migrinter, migrations internationales)
Emilie Stoll (anthropologue, amazonie brésilienne, populations indigènes amérindiennes, trajectoires circulatoires spatiales et sociales, ramification familiale de ses personnes)

Bilan de l’axe Mobilités
CIST des dernières années (France Guérin-Pace)

Rappel sur l’histoire du GIS devenu FR

GIS créé en 2010 et depuis janvier 2017 devenu Fédération de Recherche
3 ingénieur.e.s : Marion Gentilhomme (communication, édition), Sophie Vallet (gestion, mission, budget), Hugues Pecout (traitement des données, géomatique…)
4 colloques internationaux

Partenaires institutionnels

Conseil de fédération regroupant les DU des unités de recherche et des partenaire
Partenaires acteurs : IAU îdF, CGET

Objectifs d’un axe

– Organiser des journées scientifiques de l’axe
– Participation à colloque du CIST « Population, temps, territoires » (CIST2020)
– Possibilité de répondre à des projets avec l’aide du CIST (appui administratif, nouveaux partenariats…)
– Pas de concurrence avec les UMR ou LabEx : plutôt dynamique de réseaux, de rencontres, de valorisation (livres, dossiers thématiques dans revue…)

Bilan du MIT

Aspect théorique

Information territoriale : données, représentations, modélisation
Relation avec les acteurs du territoire

Dimension internationale

Déjà des liens avec différents laboratoires à l’étranger, mais formalisation n’est pas facile à trouver
Terrains à l’international
Inscription spatiale des réseaux de projets
Relations avec des structures institutionnelles à l’étranger
Faire venir des collègues étrangers au colloque (système de bourses à trouver pour les collègues du Sud)

Prochain colloque « Populations, temps, territoires » : Paris 1 et INED, au Campus Condorcet
Appel à sessions, choix des sessions au printemps, appel à communications

Véronique Boyer : le terme « identité » nous fait problème, préfère parler d’identification (plutôt insister sur le processus, on n’est pas toujours le même) ; pense plutôt en termes de positionnement/repositionnement
Vincent Coëffé : Le terme peut être en lui-même un sujet de débat
Terme de trajectoire identitaire, spatiale, territoriale

Nouveaux animateurs

Proposition : Sonia Chardonnel & Christophe Imbert
Approuvée

Programmation du MIT 2019-2021

Les thématiques à développer ces prochaines années

Héritage

Cadres d’analyses théoriques qui sont aujourd’hui partagés par les chercheurs du CIST
– la mobilité comme système articulant différentes échelles temporelles et spatiales,
– la mobilité comme processus identitaire mettant en relation pratiques et représentations du territoire.

Pour les prochaines années

Mettre davantage l’accent sur les méthodes de collectes et d’analyses qui permettent de produire des connaissances originales

Quelle évolution de nos pratiques de recherche face à la disponibilité d’informations massives (et non orientées pour la recherche), sur l’activité et la mobilité des personnes, issues des réseaux sociaux et/ou de la téléphonie ?
Quelle évolution des relations entre chercheurs et acteurs de la gestion territoriale et si elle aboutit à une mixité des usages entre « data made » et « data found » ?

Suggestions de 3 directions pour l’organisation de journées d’études ou de séminaires
De la ville « monitorée » aux individus monitorés ?
La diversification des sources et de la nature des données qui renseignent potentiellement sur l’activité et le mouvement des individus donnent la possibilité à une diversité d’acteurs de se construire une « expertise » ou une « connaissance » sur les pratiques individuelles. Quels sont les effets de ce nouveau rapport aux données et à la connaissance sur la manière dont les acteurs de la gestion des territoires envisagent et mettent en œuvre des politiques de mobilité (logement, accueil des migrants, transport, management de la mobilité, changement modal…) ? Dans ce contexte, quels peuvent être les apports originaux des chercheurs dans la production de méthodes d’exploration, de visualisation et d’analyse de ces données ? Quelle place peut occuper cette production dans le débat public et dans les mobilisations citoyennes ?
Quels enjeux méthodologique et épistémologique recouvre l’usage de données non orientées pour et par la recherche ?
Comment adapter, voire repenser les chaînes de collecte et d’analyse bien éprouvées dans le cadre des méthodes d’enquête de mobilité quotidienne et résidentielle (data made) ? Sait-on évaluer la qualité et l’apport effectif des nouvelles sources de données (data found) ? Peut-on déjà, à l’aune des expériences en cours, montrer des plus-values en termes de connaissances originales dans la complémentarité des méthodes et/ou des sources de données ?
Comment nommer la diversité des pratiques de mobilité dans un contexte d’inefficience des catégories usuelles qui reposent sur un cadre spatio-temporel trop rigide (mobilité quotidienne, touristique, résidentielle, migratoire) ? Comment aborder la mobilité comme un continuum spatio-temporel de pratiques ? Est-on en mesure de proposer de nouvelles formes de catégorisation ?

Les journées à organiser sur 4 ans

Enveloppe budgétaire annuelle

Journée du 20 juin 2019 – Production et usage de données numériques sur les mobilités: nouveaux acteurs, nouvelles pratiques

Christophe Imbert, Sonia Chardonnel, ???)
Invitation d’acteurs de la gestion des mobilités (métropoles…), de l’observation (Cerema, agences d’urbanisme…), de bureaux d’études ou entreprises privées pourvoyeuses de solutions numériques pour l’observation ou de données.
Monique Bertrand : travaille dans des contextes où l’on ne croule pas sous les données, quel est l’accès des chercheurs à ces données, aspiration de données sur internet (exemple : offres immobilières) ; données où il y a de la sémantique (corpus de texte).
France Guérin-Pace : quid des données présentielles (en tourisme) ? cela change le lien de la recherche entre le public et le privé ?
Françoise Dureau : réfléchir aussi en quoi ces sources, ces producteurs de données « formatent » la manière d’appréhendes les phénomènes de mobilité.

Journée automne 2019 – échanges scientifiques à partir de lecture de textes

Véronique Boyer : idée de faire une journée entre nous pour se présenter nos objets d’études et nos concepts : comment on conçoit les 3 termes mobilités/identités/territoires.
Naïk Miret : propose de partir de textes que l’on pourrait lire avant, partage de textes qui paraîtrait exemplaires.

Conclusion
Mobilités/identités/territoires
Proposition d’1 texte fondamental (article/chapitre) : un apport fondamental sur l’un des trois termes ou sur l’articulation des termes et/ou texte qui repose sur des études empiriques

Monique Bertrand : le terme de mobilité est intéressant est d’articuler des temporalités différentes, mais enjeux méthodologiques difficiles car les données derrière.
Emilie Stoll : avec les populations métisses, le fait d’entrer par les trajectoires temporelles permet de définir autrement les identités.

2 Journées 1er trimestre 2020 – Collecte et analyse de données multi-sources sur la mobilité dans les espaces publics

Françoise Dureau et Naïk Miret, MIGRINTER
Projets : comment tirer partie de la diversité des sources d’un terrain mêlant : enquêtes, entretiens, vidéo, etc…
Objectif transversal : comment se transforment les espaces péricentraux (Amérique du Sud) Informations produites sur les espaces publics

2 jours en petit comité à Poitiers : pour avoir le temps de débattre

Naïk Miret : enjeux de partager de corpus, quid de l’interprétation transversale
Travailler ensemble sur des espaces circonscrits et comprendre comment ces espaces se transforment => constitution de plusieurs corpus

Vincent Coëffé : trace visuelle est un vrai enjeu

Journées inter-axes possibles : axe Médias et territoire ?

CIST2020 – Population, temps, territoires

Des sessions à proposer autour de l’axe MIT dans le prochain colloque international « Populations, Temps, Territoire » qui se tiendra au Campus Condorcet, du 19 au 21 novembre 2020
L’appel à sessions est en cours (date limite : 4 juin 2019)

La réunion fondatrice de l’axe REMOC a permis aux co-porteur·e·s de la proposition d’axe de présenter leur projet afin de motiver les personnes présentes (support pdf).

A l’issue de la réunion, les membres présent·e·s ont décidé que les coordinateur·e·s de l’axe seraient :
– Nacima Baron (LVMT)
– Pierre Bergel (ESO)
– Emmanuelle Boulineau (EVS)

En savoir plus

La réunion interne de l’axe Territoires et santé a eu lieu sur le campus Paris Diderot le 6 novembre 2018.

Présent·e·s

Audrey Bochaton (Ladyss), Mauricio Fuentes (Ladyss), Lucie Guimier (Haut Conseil des biotechnologies), Marc Souris (IRD), Charlène Le Neindre (IRDES), Yannick Mengue (ISURU)
Des étudiants du master Territoires, villes & santé (TVS/universités Paris Nanterre & Paris Créteil) : Mamadou Oumar Sow, Laakri Bouhadj, Armel Komi Longo, Mahugnon Daga, Barry Mamadou, Marie Benoist, Nasma Sahnoun, Daouda Cisse, Bérénice De Barros, Mohamed-lamine Benayache, Balémta Aimée Sama, Susan Rahma, Fatime Mamadou, Kang Madou Insa Mane, Marion Aubin, Zohra Bacouche, Amandine Manga, Lyes Sadi, Marie Spetebroodt, Marie-Thérèse Valera, Ndeye Fatim Dieye, Thomas Karnycheff, Elie Humbert, Diakhité Cheikhou, Abass Bonfoh, Armel Komilongo

Excusé·e·s

Sylvie Alemanno, Sophie Baudet-Michel, Hélène Charreire, Virginie Chasles, Emmanuelle Faure, Anne-Cécile Hoyez, Véronique Lucas, Florent Occelli, Sandra Pérez, Noémie Rapegno, François Taglioni, Julie Vallée

Session thématique – Espace urbain & maladie endémique : Géographie de la dengue à Girardot (Colombie)

Mauricio Fuentes, doctorant
390 millions d’individus/n touchés par la dengue dans le monde (estimations en 2010). Ce sont les cas apparents (personnes qui sont malades & qui vont à l’hôpital) plus une estimation des cas dits « invisibles » (par exemple, les personnes qui ne rencontrent pas de symptômes sévères ; environ 3 fois plus que de cas dits « apparents »).
Symptômes modérés à sévères => peut aller jusqu’à la mortalité.
Où trouve-t-on les gîtes de moustiques ? Le réservoir : système de drainage et réservoir dans les maisons (linge, nettoyage, réservoir pour le stockage de l’eau).
Le contexte d’étude : en Colombie, forte augmentation de la population urbaine, avec peu de planification. Beaucoup de mouvements internes en lien avec les conflits armés ; moins importants aujourd’hui mais toujours des mouvements issus des espaces ruraux en direction des grandes villes. La ville de Girardot : ville moyenne, 100 000 hab., 2 heures de route de Bogota, espace urbain fractionné. Partie Nord et partie Ouest, les plus dynamiques. Ville très touristique, surtout fréquentée par les habitants de Bogota. Zones CSP ++ & résidences secondaires / Zones autoconstruites / CSP moyenne.

Questions de recherche
Quelle structure spatiale de l’infection ?
Comment les espaces sociaux et environnementaux interagissent pour favoriser ou non la diffusion de la maladie ?

La géographie a étudié ces dynamiques depuis très longtemps : complexe pathogène (Sorre) = relations sociales & écologiques.
Hypothèse posée : l’hétérogénéité de la distribution de la dengue d’une combinaison de facteurs écologiques, économiques et sociaux.

Design de l’étude et avancements
Notion « d’incidence ». Pas le mot adéquat pour Mauricio : il y a la base de données officielles des cas de dengue (transmises par les hôpitaux) mais il y a beaucoup de cas invisibles que l’on ne peut pas chiffrer. Quand on parle d’incidence, on travaille normalement sur tous les cas.
Méthode d’analyse spatiale : repérer les lieux où il y a des concentrations de cas de dengue. Tient compte de la densité de la population (cas/nb. d’hab.).
Sur 3 années consécutives (2012, 2013, 2014), on peut observer des cas de persistance de cas de dengue dans certains quartiers de la ville de Girardot. Comment l’expliquer ?

Déterminants étudiés pour expliquer ces zones de concentration
– Mouvement de la population : enquête de la Fondation Santa Fe de Bogota. Visite chez des malades de la dengue, historique des mobilités 2 semaines avant la déclaration de la maladie. Est-ce qu’il y a des lieux propices à la transmission de la maladie. Lieu de travail ? Domicile ? Sur le trajet ? En week-end à la campagne ?
> Résultats : des mobilités qui sont réalisées surtout autour de Girardot (80%)
Analyse de concentration = points surtout concentrés dans la partie centrale et où il y a une forte activité économique. Mais pour des périodes courtes.
– Niveau socio-économiques des populations
Avec le recensement de la population
– Pratiques des habitants, perceptions du risque, etc.
Entretiens auprès des habitants et acteurs locaux (22 personnes enquêtées). Cette partie est très importante car il existe beaucoup de défis méthodologiques avec les bases de données issus des hôpitaux ainsi que le recensement (fiabilité et qualité ?). L’analyse des entretiens va permettre de conforter ou nuancer certaines interprétations issues des analyses statistiques.

Pour aller plus loin
Fuentes-Vallejo M., « Space and space-time distributions of dengue in a hyper-endemic urban space: The case of Girardot, Colombia« , December 2017, BMC Infectious Diseases 17(1), DOI: 10.1186/s12879-017-2610-7

Discussion
Lucie Guimier : Lutte anti-vectorielle se fait à quel échelon territorial ?
Années 60-70 : très centralisée, sur le modèle du DDT (fièvre jaune). Très polémique vis-à-vis de l’environnement. Politiques plus décentralisées aujourd’hui selon les recommandations de l’OMS : chaque municipalité a la responsabilité de gérer son programme de lutte anti-vectorielle. Mais certaines villes ne sont parfois pas prêtes pour gérer leur propre programme.
Quelles techniques ? Fumigation partout (interventions très visibles) et aujourd’hui des interventions moins visibles : éducation, inspection des maisons, chaque cas de dengue reporté => équipe qui fait une inspection vectorielle, enquêtes entomologiques dans toute la ville.
Mohamed-Lamine : Campagne de vaccination au Philippines (Sanofi-Pasteur) : échec. Quid de la position de la Colombie vis-à-vis de ce vaccin ?
Marie Benoist : Est-ce qu’il existe des tests de diagnostic rapide pour la dengue ?
Oui mais des résultats très mitigés.
Marc Souris : Est-ce que vous avez envisagé une enquête de sérologie ?
C’est compliqué dans le cadre d’une étude de thèse. En Colombie, pas d’études complètes. Trop cher, pas assez de ressources humaines. Difficile d’avoir un échantillonnage représentatif.
C’est normal de trouver des clusters de transmission au niveau de la maison, du quartier : en quoi l’analyse par cluster est-elle pertinente ? N’est-ce pas la pointe de l’iceberg ?
Oui mais ça donne des pistes d’interprétation. Combiner les clusters avec la typologie urbaine, les mouvements de population, etc.

Retour sur les 1res rencontres de géographie de la santé – Lyon, 14-15 juin 2018

Rencontres lancées à l’initiative de géographes de la santé français. Ont rassemblé environ 60 personnes : chercheurs, médecins, acteurs de la santé. 17 communications et 7 posters affichés autour des liens entre territoire et santé : doctorants, post-doctorants, balade urbaine (parcours fraîcheur pour éviter la canicule proposé par les étudiants de master de Lyon3), enseignement de la géographie de la santé (Nanterre, Lyon), projets scientifiques en construction.

Expérience qui sera renouvelée. A Rennes en 2020. Multi-institutionnelle.

Présentation de la journée d’étude Araqnée – Paris, 28 novembre 2018

Journée coorganisée par l’axe Territoires et santé, l’Irdes et l’EHESP
Etat des lieux des recherches appliquant l’analyse de réseaux (méthodes, notions et concepts fondés sur la théorie des graphes pour étudier des phénomènes relationnels) aux données de santé (pour analyser les parcours de prise en charge des patients, la propagation des maladies infectieuses, etc.) : 7 présentations de chercheurs français et étrangers pionniers dans ce domaine. Séance prometteuse, limite des 90 inscrits atteinte.

Point sur l’organisation d’un séminaire méthodologique sur la question de l’accessibilité aux services et aux commerces en 2019

Séminaire en lien avec l’axe Information territoriale locale, dans la lignée des activités menées dans le cadre de Grandes métropoles
Sur une journée (présentations par des experts, atelier(s) autour des données). Hélène Charreire participera à l’organisation. Nous recherchons d’autres membres de l’axe intéressés.

Idées et actions futures ?

Participer à la nuit de la géographie le 5 avril 2019 ?

Des idées ?

Journée d’étude en santé environnement avec une dimension participative en 2019 ?

En recherche de financement. Des idées ? Personnes intéressées : Audrey Bochaton, Sandra Pérez, Mauricio Fuentes, autres ?

Population, temps, territoires, le prochain colloque du CIST – campus Condorcet Paris-Aubervilliers, novembre 2020

Ce serait bien qu’il y ait une ou deux sessions territoires & santé. Des propositions ?
Nous vous ferons parvenir les appels à sessions/communications dès leur parution en 2019.

Qu’attend-on de l’axe Territoires et santé du CIST ?

Nous vous proposons un rapide sondage pour évaluer vos besoins, attentes et envies vis-à-vis de l’axe Territoires et Santé : diffusion d’informations, séminaires thématiques, ateliers méthodologiques, projets/publications collectifs, autres…

Merci de prendre 1 minute pour répondre à ce sondage qui nous permettra de proposer de nouveaux formats ou de nouvelles actions dans le cadre de l’axe. A compléter avant le 20 décembre 2018

Points divers

Ouverture d’un appel à articles dans la RFST sur « Les circulations en santé : des produits, des savoirs, des personnes en mouvement »
Propositions attendues pour le 15 décembre 2018 : 1 500 signes espaces compris maximum

Pensez à utiliser la liste diffusion de l’axe Territoires et santé du CIST (cist-sante sur Renater) pour communiquer des informations (en complément de géotamtam).

Prochaine réunion de l’axe

Vous pouvez d’ores et déjà remplir le framadate.

En savoir plus

Dans le cadre du colloque Représenter les territoires qui s’est tenu à Rouen du 22 au 24 mars 2018, trois tables rondes ont été organisées avec le concours du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), partenaire institutionnel du CIST, qui a également soutenu la publication des proceedings du colloque.
Nous vous présentons ci-dessous les comptes-rendus rédigés respectivement par Romain Lajarge, Arnaud Brennetot et Clarisse Didelon-Loiseau.
Vous pouvez également télécharger les comptes-rendus (pdf).

  • Comment les sciences humaines représentent les territoires ?

    Intervenant.e.s

    Jean-Pierre Girod (président du Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande)
    Romain Pasquier (sciences politiques, Rennes)
    Anne-Thida Norodom (droit international, Université Paris Descartes)
    André Torre (économie, INRA)
    Discutant : Sylvain Allemand

    La table ronde regroupait trois chercheur.e.s réputé.e.s dans leurs disciplines de sciences sociales : les sciences juridiques, politiques et économiques. Ces trois grandes disciplines sont parfois considérées comme spécialistes des questions territoriales. Elles l’étaient avant les années 90, plus encore que la géographie ou l’aménagement. La question posée est alors de savoir s’il existe une histoire, des socles conceptuels, un statut pour cet objet et une constance dans l’intérêt pour cette question aujourd’hui.

    Anne-Thida Norodom, professeure de droit public à Rouen, a commencé par indiquer que le territoire n’était plus un problème en droit car la notion était clairement définie : il s’agissait de la délimitation du champ de compétence d’un État, compétences entendues comme normatives et opérationnelles ; délimitation entendue comme bornée dans l’espace de la surface terrestre (le bornage des géomètres).
    Parmi les critères de rattachement qu’un État utilise, il peut justifier l’exercice de sa compétence en délimitant des frontières terrestres, maritimes et aériennes. Les autres éléments constitutifs d’un État, en plus de sa capacité à faire et défaire des territoires, sont d’administrer des populations et de se doter d’un gouvernement sur ce territoire. Pour le juriste, le terme d’espace reste plus flou que celui de territoire et donc moins robuste. Par exemple, pour l’UE (qui n’a pas de territoire car n’est pas un État), la notion d’espace (on dit espace communautaire) permet d’éviter le débat sur l’État fédéral qui dépendrait du territoire de ses États membres. Pourtant, c’est bien ce qui, en droit, se passe. Pour les juristes, tout espace n’est pas gouverné car certains sont en dehors des juridictions.
    La norme est un autre critère crucial pour les juristes. Les acteurs sont obligés de prendre en compte les normes qui s’imposent à eux, notamment par la dimension territoriale… et comme les normes sont vouées à muter (puisque le droit est un outil au service des décideurs politiques), tous les commentaires normatifs sont potentiellement des sujets d’intérêts croisés avec d’autres disciplines : superpositions territoriales, pluralisme juridique, conflits territoriaux…
    Chez les juristes internationalistes, certains travaillent aussi sur les acteurs privés a priori moins intéressés par les territoires (car les frontières peuvent gêner leurs stratégies) et qui cherchent donc les formes d’extraterritorialité qui leur permettent d’échapper aux normes territoriales. Parfois, ils peuvent choisir aussi les frontières et les avantages comparatifs qu’elles offrent.
    Dans tous les cas, ce qui fait problème juridique n’est pas le concept territorial mais l’usage qu’en font les États et les acteurs.

    Romain Pasquier est professeur de sciences politiques à Rennes et dirige la Chaire « Territoires et mutations de l’action publique » hébergée à l’IEP de Rennes. Il a rappelé que le territoire en tant qu’unité de commandement politique a longtemps été considéré comme partie prenante de la définition de l’État, doté du monopole de la violence symbolique (Max Weber), donc ne posant pas de problème à la science politique comme science du pouvoir. Dans une approche étatique, le seul territoire était donc national. La redécouverte par les politistes de l’intérêt du territoire est donc assez tardive (années 90) par rapport aux mouvements sociaux du développement local (années 60).
    La grande césure dans laquelle s’inscrit ce débat est celle entre politics et policies. Les tenants des approches par les politics, posent la question de la manière avec laquelle se construisent les trajectoires, les stratégies et les techniques pour prendre le pouvoir et gouverner : travaux sur la construction politique territorialiste (élitiste/pluraliste), sur les ancrages territoriaux des partis politiques, sur les couples élu.e.s-administrations… mais ceux-ci sont aujourd’hui un peu dépassés. Les tenants des policies travaillent sur la capacité de l’État à régler des problèmes territoriaux, sur la gouvernance multiniveaux (dont gouvernance territoriale), sur les régulations que les territoires permettent, mais ceux-ci restent peu nombreux car la question territoriale n’apparaît pas comme très centrale en sciences politiques aujourd’hui.
    Pour les politistes, tout espace est nécessairement institutionnalisé et donc c’est un territoire. À ce titre, il est plus facile de travailler avec des géographes, des sociologues ou des historiens qu’avec des juristes (en tout cas avec les plus positivistes d’entre eux). Il existe des Public administration à l’étranger… qui ne trouvent pas d’échos dans les anciennes « sciences administratives », qui avaient une approche territoriale des problèmes politiques, devenues moribondes aujourd’hui en France. Pour les politistes, l’intérêt scientifique pour le territoire apparaît donc comme d’abord interdisciplinaire.

    André Torre est directeur de recherche en économie à l’INRA et a dirigé plusieurs structures et programmes nationaux et internationaux en lien plus ou moins direct avec le territoire mais rappelle que cette notion est un impensé des sciences économiques. Le terme privilégié était « espace » au sens de « distance générant des coûts de transport ou de localisation » (les fameuses externalités marshaliennes). Quelques écoles ont fait des tentatives dont une mêlant économie et aménagement du territoire principalement sous commande de l’État aménageur, rendant l’approche des économistes pas très sérieuse car sans fonds théoriques ni méthodes. Les années 70 ont vu naître les sciences régionales et l’économie régionale pour lesquelles la région était un synonyme d’espace auquel était rajouté un petit supplément, en plus d’être gouvernée, mais sans travailler effectivement à intégrer d’autres variables que celles que l’économie pouvait accepter dans ses modèles.
    Depuis lors, les économistes empruntent leur définition du territoire… aux géographes, en tout cas à la définition la plus pauvre que les géographes proposaient (espace découpé approprié par un groupe d’acteurs) alors qu’ils fréquentaient déjà les définitions plus subtiles qui sont advenues ensuite. Cet emprunt a permis une utilisation du terme autant en qualificatif qu’en adjectif : ressources territoriales, développement territorial, milieu innovateur des territoires, gouvernance territoriale… permettant une extension progressive chez ces économistes au-delà de la production (occupation des sols, paysages, proximité…). C’est peut-être avec l’école de la proximité territoriale (composition de proximité organisée et géographique) que le rapprochement entre économie et territoire est le plus manifeste.
    L’intérêt de l’économie pour le territoire est là aussi multidisciplinaire :
    – avec les aménageurs, les géographes et les sociologues, l’institution où ces croisements s’opère est l’ASRDLF… mais ces passerelles sont peu actives et franco-françaises ; il faudrait imaginer ce qui pourrait se passer avec le réseau international des sciences régionales ;
    – avec les sciences biotechniques, les écologues et les mathématiques, l’économie formalisatrice a tenté d’intégrer des variables territoriales dans ses outils de modèle économique (SIG ou SMA) et parfois les économistes sont instrumentalisés pour que les écologues puissent insérer des dimensions sociales mais avec le risque d’approches mécanistes ;
    – la recherche-action semble, elle, parfois donner des résultats intéressants avec des équipes pluridisciplinaires (comprenant des économistes) et en travaillant avec la définition du territoire que… les acteurs locaux utilisent ! Ce n’est, certes, pas un grand progrès scientifique mais cela est toujours mieux que de s’en tenir au dictionnaire de la langue française pour définir un concept scientifique.

    La table ronde a ensuite été l’occasion de la présentation de l’expérience d’un parc naturel régional (Boucles de la Seine Normande), par son président Jean-Pierre Girod en donnant lieu aux trois mêmes aveux scientifiques : il faudrait des sciences territoriales pour mêler les approches disciplinaires existantes et faire progresser les connaissances sur ces processus sociaux-spatiaux, normés, gouvernés, dotés d’enjeux économiques… et se renouvelant sans cesse que les acteurs sociaux appellent des territoires.

  • Rouen, construire l’identité métropolitaine

    Intervenant.e.s

    Sylvain Amic (directeur de la Réunion des musées métropolitains de Rouen)
    Philippe Eudeline (président de Normandie AeroEspace, directeur Technologie et Innovation de Thales Air Systems)
    Jacques-Sylvain Klein (commissaire général du 1er festival Normandie Impressionniste 2010, délégué général de l’association La Maison Sublime de Rouen)
    Catherine Morin-Desailly (sénatrice, conseillère régionale de Normandie, conseillère municipale de Rouen)
    Thierry Rabiller (rédacteur en chef de Paris Normandie)
    Discutant : Arnaud Brennetot (maître de conférences en géographie, IDEES)

    Cette conférence-débat, qui a également bénéficié du soutien de la Fondation Flaubert, a porté sur les représentations de Rouen, ville hôte du colloque.

    Le contexte

    Depuis le 1er janvier 2015, Rouen est devenue une Métropole en vertu de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM, 2014). Cela signifie que l’ancienne communauté d’agglomération, la Communauté de Rouen, Elbeuf, Austreberthe (CREA), a changé de statut institutionnel pour prendre les titres et les compétences dévolues au nouveau type d’intercommunalité que forment désormais les Métropoles. La CREA remplissait en effet les critères démographiques prévus par le législateur pour franchir un nouveau cap dans le processus d’intégration intercommunale entamé il y a plusieurs décennies pour rapprocher Rouen des communes alentour. Cette nouvelle étape pose la question de la représentation du territoire métropolitain de Rouen qui n’apparaît ni comme une métropole au sens géoéconomique du terme, ni comme une intercommunalité pleinement appropriée par ses habitants. Les participant.e.s à la conférence-débat se sont alors interrogé.e.s sur les conditions nécessaires à la construction d’un projet métropolitain partagé par l’ensemble des acteurs, les pouvoirs publics, locaux et nationaux, mais également l’ensemble de celles&ceux qui s’impliquent au sein de la société civile pour inventer un modèle original et adapté. Bénéficiant d’une longue tradition d’ouverture internationale, liée au grand commerce puis à la révolution industrielle, l’agglomération rouennaise se trouve aujourd’hui affectée par la métropolisation des territoires. Sa situation unique en France, entre la Manche et Paris, ville globale par excellence, représente autant un défi qu’une opportunité pour tous ceux qui l’habitent. Un tel projet n’est possible qu’à condition de construire une vision partagée.

    Une image en demi-teinte

    Rouen bénéficie d’une histoire ancienne et prestigieuse qui marque fortement l’identité de la ville actuelle. Son riche patrimoine architectural, concentré pour l’essentiel dans la vieille ville, lui permet d’attirer une clientèle touristique stable. Depuis plusieurs décennies, les acteurs locaux se sont investis en outre sur l’organisation d’événements culturels susceptibles de renouveler l’intérêt des différents publics, notamment au cours de la période estivale (Festival Vivacité, Armadas, Spectacles de la cathédrale, etc.). La discussion permet de revenir plus en détail sur le Festival Normandie Impressionniste organisé pour la première fois en 2010 et de souligner combien cet événement a permis à Rouen de jouer un rôle d’impulsion majeur en faveur de la reconnaissance du rôle géohistorique de la Normandie dans l’essor d’un des principaux mouvements picturaux de la période contemporaine. Cette image d’un passé glorieux, riche en patrimoine matériel et immatériel, bénéficie de la proximité de Paris qui fournit une clientèle touristique nationale et internationale.
    Plusieurs intervenant.e.s reconnaissent que l’attractivité économique et résidentielle de Rouen demeure relativement faible, ce que confirment plusieurs indicateurs : la part des cadres et des emplois dans les fonctions métropolitaines supérieures ou celle des étudiant.e.s montrent que l’agglomération rouennaise n’a pas le profil d’une véritable métropole régionale et qu’elle souffre d’un manque d’attractivité auprès des décideur.e.s. La qualité du cadre de vie est souvent ignorée par les populations extérieures (la qualité du parc résidentiel, la densité d’équipements collectifs, la couronne forestière, etc.) alors que Rouen continue à véhiculer l’image d’une ville pluvieuse et polluée, voire exposée à des risques industriels particulièrement importants. La proximité de Paris, de Caen et du Havre crée un environnement concurrentiel dans lequel Rouen peine souvent à s’affirmer. L’étroitesse et le faible dynamisme du marché de l’emploi apparaissent par ailleurs comme des freins pour de nombreux ménages, davantage attirés par des agglomérations plus dynamiques au Sud et dans l’Ouest de la France. Plusieurs défauts ont été soulignés au cours des échanges : l’absence d’un grand club sportif, d’établissements plus prestigieux en matière d’enseignement supérieur, d’événements innovants sur le plan de la culture et du divertissement ou de stratégie en matière de marketing métropolitain. Pour faire face à un tel défi, les pouvoirs publics se sont engagés depuis plusieurs années dans un certain nombre de projets visant à renforcer les fonctions de centralité (nouveaux quartiers d’affaires et de résidences, nouvelle gare rive gauche en lien avec la Ligne Nouvelle Paris Normandie, soutien aux activités innovantes, etc.). Malgré un volontarisme indéniable, la Métropole Rouen Normandie peine cependant à traiter la question de son image extérieure de façon décomplexée, demeurant frileuse dès lors qu’il s’agit de débattre ouvertement des défis à surmonter, comme l’illustre le refus de participer à cette conférence-débat.

    La gouvernance métropolitaine et sa reconnaissance par les habitants

    Un second enjeu important réside dans l’appropriation par les différents acteurs impliqués de la gouvernance intercommunale au sein de l’agglomération rouennaise. Comptabilisant 71 communes, la Métropole Rouen Normandie dispose d’un périmètre stabilisé depuis 2010. En devenant Métropole en 2015, l’agglomération rouennaise a franchi une nouvelle étape de son intégration intercommunale.
    L’intensification des projets urbain pilotés par la Métropole permet aujourd’hui de conférer une meilleure visibilité à l’acteur intercommunal et, ce faisant, de donner à voir aux citoyens l’intérêt politique de la coopération politique entre les communes de l’agglomération. Si la Métropole est bien identifiée en matière de fourniture de services aux populations (transports collectifs, gestion des déchets, fourniture d’eau), la table ronde a également été l’occasion de citer l’exemple de la réunion des musées métropolitains qui permet de développer la cohérence des stratégies de programmation, d’attractivité externe et d’appropriation par les populations locales du parc muséal. La question des grands événements culturels a été citée comme un moyen de rendre plus prégnant l’échelle métropolitaine.
    Le sentiment d’appartenance à la Métropole se développe toutefois de façon inégale auprès des différents acteurs, habitants, élus, associations ou entreprises. Si les différent.e.s intervenant.e.s se sont accordé.e.s sur le fait que la Métropole Rouen Normandie est en train d’acquérir une légitimité politique très forte auprès des acteurs institutionnels (pouvoirs publics locaux et régionaux, acteurs consulaires et associatifs, médias, etc.) grâce aux nombreux dossiers dont elle a la charge, plusieurs interventions du public ont souligné la difficulté pour le grand public à discerner la répartition des responsabilités entre communes et intercommunalité mais aussi à décrypter les jeux de pouvoir entre les différents acteurs politiques. La persistance de rivalités géopolitiques locales profondément ancrées, entre communes ou entre groupes partisans, complique l’émergence d’une identité métropolitaine forte reconnue de façon collective. L’absence de leadership et de grande figure politique locale rend difficile l’incarnation d’un projet aisément identifiable.
    En conclusion, les représentations collectives de la Métropole Rouen Normandie laissent transparaître une identité incomplète et ambivalente. Le caractère récent du statut métropolitain laisse cependant augurer la possibilité d’une affirmation progressive en lien avec les projets que les acteurs seront à même de mettre en œuvre.

  • L’Europe, un territoire en crise de représentations

    Intervenant.e.s

    Sylvia Calmes-Brunet (droit public, CUREJ/Université de Rouen)
    Clarisse Didelon-Loiseau (géographie, Géographie-cités/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    Yann Richard (géographie, Prodig/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    Carole Nivard (droit public, CUREJ/Université de Rouen)
    Christian Vandermotten (Université libre de Bruxelles, éditeur de la revue Belgéo)
    Discutant : Arnaud Brennetot

    Cette table ronde grand public bi-disciplinaire, qui a également bénéficié du soutien de la Fondation Flaubert, a permis d’aborder la question cruciale des « représentations » pour l’Union européenne sous l’angle du droit et de la géographie. Complémentaires, ces deux approches se fondent sur des définitions relativement différentes du terme « représentations ». En droit, « représentation » évoque notamment le fait, pour un.e citoyen.ne électeur/rice d’être représenté.e dans les instances politiques décisionnelles par un.e représentant.e élu.e. Le fonctionnement des institutions de l’UE soulève ainsi la question de la représentation des citoyen.ne.s européen.ne.s, ce qui contribue à mettre en jeu sa légitimité. En géographie, et dans ce contexte, « représentation » peut renvoyer à l’image produite, volontairement ou non, par l’Union européenne donnant une dimension immatérielle à cet espace (dimensions affectives, symboliques, culturelles, etc.) qui contribuerait à produire un mécanisme d’attachement et d’appropriation à cet espace supranational pour le faire émerger en tant que territoire. Ici également se posent des questions qui sont de l’ordre de la légitimité de l’UE et l’absence, ou la faiblesse, d’un sentiment d’appartenance à l’espace européen est l’un des principaux obstacles à l’approfondissement du projet européen.
    Dans son allocution introductive Arnaud Brennetot évoque la construction européenne comme l’enlisement idéologique d’un projet d’hommes raisonnables. En effet, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la construction européenne s’est appuyée sur des représentations politiques hétérogènes. Elle a ainsi tantôt pu être associée à un continent, à une aire de civilisation, à un espace économique tantôt à un territoire d’action publique, puis de représentation démocratique. Ces différentes interprétations de l’Europe ont été appliquées à des périmètres géographiques instables, caractérisés par des phénomènes d’élargissement ou de régression. Cette variété de significations a favorisé les ralliements autour d’un projet géopolitique polymorphe et ambivalent. Selon les circonstances, il a pu s’agir de surmonter les nationalismes étatiques, de favoriser la paix, la démocratie et l’état de droit, de promouvoir la prospérité et l’expansion économiques, de créer les moyens d’une puissance retrouvée, d’affirmer une identité territoriale, etc. Depuis le début des années 90, les mythes et images associés à un tel projet ne suffisent plus, ni à garantir l’adhésion des populations, ni à assurer sa crédibilité vis-à-vis du reste du monde. Les institutions responsables de la mise en œuvre d’un projet politique pour l’Europe se trouvent dès lors confrontées à une crise de défiance progressive et à la montée des représentations et des discours eurosceptiques et europhobes.
    Cette table ronde s’est donc intéressée aux raisons et aux enjeux d’une telle crise d’identité et de légitimité politiques tout en interrogeant son impact éventuel sur la mise en œuvre des politiques publiques à l’échelle de l’Europe, en donnant en premier lieu la parole à Carole Nivard et Sylvia Calmes-Brunet, toutes deux juristes.

    Sylvia Calmes-Brunet évoque la complexité de la gouvernance européenne qui conjugue les niveaux de représentations électorales des différents États membres auquel vient s’ajouter le niveau européen. Chaque échelon territorial doit construire sa propre légitimité dans un contexte de forte instabilité institutionnelle. On est ainsi passé au plan européen de structures juridiques simples et fermées à des structures complexes, ouvertes et non hiérarchisées. Plus l’UE se construit (traités, droit dérivé, jurisprudence, élargissements…) ou se déconstruit (Brexit…), plus elle est difficile à saisir ; il est dès lors difficile de se l’approprier et d’en garantir la légitimité politique. Depuis les années 1990-2000, malgré un mouvement vers une Europe fédérale constituée d’États et de Régions, l’UE subit une crise interne (problèmes de vision, de projet, d’action, de légitimité démocratique, qui engendrent des tensions internes favorables à l’euroscepticisme, aux nationalismes, aux replis sur soi des États-nations et des régions, et à des fractures Nord/Sud ou Est/Ouest). À cela s’ajoute une crise d’influence externe vis-à-vis du reste du monde. L’UE reste finalement une Union d’États souverains, qui organisent librement et diversement leurs territoires, dans une Europe incapable de s’imposer au plan mondial. Son action et son existence même en deviennent donc illisibles.

    Carole Nivard poursuit en abordant les difficultés des institutions européennes à susciter une véritable appropriation démocratique. Cette lacune de l’appropriation démocratique est notamment due à la faiblesse de la représentativité politique des citoyen.ne.s au niveau de l’Union européenne. Elle axe principalement son intervention sur la question de l’amélioration de la prise en compte des droits sociaux dans les institutions européennes qui pourraient constituer un remède aux crises au sein de l’Union européenne en prenant une fonction de légitimation du projet européen.

    L’intervention de Christian Vandermotten illustre cette crise de confiance des citoyens envers les institutions européennes en revenant sur l’analyse, notamment cartographique, de plusieurs décennies de résultats électoraux au sein de l’espace européen. Ainsi, la géographie électorale au sein de l’Union semble partiellement traduire une crise de légitimité vis-à-vis des institutions européennes tandis que la montée des populismes reflète une convergence contre le projet dessiné par l’Union européenne et fondé sur un refus croissant du modèle social-libéral.

    Clarisse Didelon-Loiseau fonde son intervention sur une enquête à grande échelle menée auprès d’étudiant.e.s de l’Union européenne et basée sur la réalisation de cartes mentales. S’intéressant à l’espace d’appartenance des étudiant.e.s interrogé.e.s, elle montre que la configuration spatiale de l’espace d’appartenance varie d’un point de vue spatial au sein de l’espace européen. Ainsi, les étudiant.e.s belges et français.es, mais aussi roumain.e.s, semblent dans une certaine mesure avoir développé une conscience de l’appartenance à l’espace européen, les Suédois.es et Portugais.es restent centré.e.s respectivement sur la Scandinavie et la péninsule Ibérique tandis que les Hongrois.es ont une vision fortement stato-centrée. Cette forte variabilité des espaces d’appartenance illustre les difficultés qui se posent dans la construction d’une identité européenne cohérente et partagée.

    Pour Yann Richard, cette variabilité de l’image de l’Union européenne chez les étudiant.e.s est le reflet de sa variabilité dans les milieux diplomatiques des États membres, mais aussi des diplomaties extérieures, notamment chez les pays voisins de l’Union européenne. Cela soulève des enjeux géopolitiques cruciaux en termes de politique extérieure de l’Union européenne. Ainsi, la politique de voisinage de l’Union européenne est loin de correspondre aux attentes actuelles de ses voisins. De plus, l’Union européenne éprouve d’importantes difficultés à se rendre crédible comme un acteur de la scène internationale, tant les divergences sont importantes en termes de représentations au sein même de l’Union européenne, comme l’ont magistralement montré les hésitations et les tergiversations de l’Union face à la crise ukrainienne et à l’invasion de la Crimée par la Fédération de Russie.

Retrouvez le recueil dans son ensemble (pdf)

Retrouvez certaines vidéos (avi sur Vimeo)

* certaines communications ont été acceptées par le conseil scientifique mais n’ont pu être présentées pendant le colloque

Le CIST a contribué à la réalisation de ce MOOC réalisé par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et coordonné par Denise Pumain

Ce cours explique comment les réseaux permettent d’analyser l’inscription dans l’espace de toutes les relations des sciences humaines et sociales et comment ils sont étudiés et représentés par la théorie des graphes.

À l’issue de ce cours, vous serez en mesure de :
– Décrire comment les réseaux sont conçus et organisés pour aménager un territoire ;
– Énoncer quelques principes de base et faire des mesures simples avec la théorie des graphes ;
– Expliquer les résultats de leur application dans de nombreux domaines où ils sont utilisés aujourd’hui.

Partenaires

Ce MOOC est proposé et réalisé en partenariat avec l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et l’Université Paris Diderot et avec la contribution scientifique du laboratoire Géographie-cités, du Collège international des sciences territoriales (fédération de recherche CNRS FR2007) et de l’Institut des systèmes complexes Paris Ile-de-France.

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