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Les enjeux de l’élection européenne cartes sur table

4.4. Si l’on veut une politique extérieure commune, faut-il une défense commune ?

L’Europe de la défense souffre de faiblesses notoires. Elle est divisée et n’est pas garante de sa propre sécurité, laissant cela à l’Otan. Les 28 budgets de défense des pays membres de l’UE représentent 43 % de celui des États-Unis ; même en consolidant tous les budgets de l’UE, ceux des pays candidats y compris la Turquie, on n’atteint pas 50 %. Et l’écart serait encore plus élevé si l’on considérait la R&D militaire, dont les États-Unis assurent plus du tiers du total mondial.

Des dépenses militaires qui ne représentent pas 43 % de celles des États-Unis et sont dispersées

Cette division a des effets connus : il n’existe ni doctrine de défense commune, ni armée européenne (les battle groups européens sont de taille modeste et n’ont jamais été mobilisés), ni budget militaire consolidé. On touche là au cœur de la souveraineté des Etats membres qui ne souhaitent pas mettre ce domaine en commun. Par ailleurs, les pays membres ne consentent pas tous des efforts significatifs. La France et le Royaume-Uni apparaissent comme des puissances militaires capables de mener des opérations éloignées de leur territoire. Mais la plupart des pays membres y accordent moins de 2 % de leur PIB. Enfin, l’absence de consolidation budgétaire (et industrielle) a un coût élevé car elle empêche les économies d’échelle, obligeant à faire des dépenses redondantes. Au total, l’Europe apparaît désunie et non crédible comme acteur militaire. Faute de moyens militaires communs, elle peut difficilement peser sur les enjeux géopolitiques mondiaux, à commencer par ceux de son voisinage immédiat : question israélo-palestinienne, où les Européens se contentent de suivre les positions des États-Unis, crise syrienne, Sahara occidental…

Dépenses militaires : l’effort très inégal des pays de l’Union européenne

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