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Les enjeux de l’élection européenne cartes sur table

1.2. Des stratégies nationales disparates

Quatre enseignements peuvent être tirés de la carte sur les réseaux énergétiques. Le premier est la très forte densité des réseaux internes à l’UE, ce qui veut dire que les ingrédients d’une politique énergétique commune sont réunis. Le second est l’importance des réseaux venus de Russie et l’essor de ceux qui viennent du voisinage méditerranéen, ce qui contribue à dessiner une grande région commune. Mais les obstacles ne sont pas minces : l’UE essaie de desserrer l’étau russe grâce au pipeline Bakou-Tbilisi-Ceyhan et au projet de gazoduc « Nabucco » par la Turquie – qui ne parvient cependant pas à résister au projet russe South Stream sous la Mer Noire. De son côté, la Russie veut contourner le transit ukrainien, et a lancé son gazoduc North Stream sous la Baltique pour approvisionner l’Allemagne directement – d’où la colère des Etats Baltes court-circuités. Le troisième enseignement est l’essor des usines de gaz liquéfié en Afrique du Nord, l’UE renonçant aux accords gaziers de long terme (gazoducs) au profit d’une approche libérale d’achats ou jour le jour (gaz liquéfié). Le dernier est le potentiel solaire de l’Afrique du Nord pour la transition énergétique européenne, mais à condition de développer les liaisons transméditerranéennes.

Réseaux : une région en voie d’intégration malgré des stratégies nationales disparates
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