article/chapitre Imageun

In the Mirror of the European Neighbourhood (Policy). Mapping Macro-Regional Imaginations (Imageun)

Betty Rouland & Étienne Toureille, Le carnets de l’IRMC, janvier 2021

De rencontres fortuites peuvent émerger des recherches innovantes à l’instar du projet franco-allemand Imageun qui a débuté officiellement en septembre 2020. Cette recherche s’inscrit dans le cadre des appels à projets franco-allemands en SHS financés par l’ANR et la DFG pour une période de 36 mois.

L’Union européenne se trouve dans une phase de restructuration spatiale et sociale importante : son territoire s’est agrandi grâce à l’adhésion de 13 pays d’Europe de l’Est et du Sud depuis 2004 ; elle s’est dotée d’une nouvelle constitution sous la forme du traité de Lisbonne ; elle tente de faire face à une grave crise financière et à la montée du nationalisme et de l’autocratie en son sein et autour d’elle ; et elle doit actuellement faire face à la perte d’un membre pour la première fois de son histoire. Simultanément, son voisinage subit également de profondes transformations. Non seulement parce que le “voisinage” change sous la forme d’une adhésion à l’UE ou d’une sécession de celle-ci (Brexit), mais aussi à la lumière des changements géopolitiques, tels que le conflit en Ukraine, les effets des révolutions arabes (y compris les guerres en Syrie et en Libye) et les aspirations de puissance de la Turquie, de la Russie, de l’Iran et de certains États arabes. La forme socio-spatiale de l’ensemble de la macro-région entourant l’UE, souvent appelée le “voisinage européen”, a donc considérablement changé – et avec elle les relations entre les membres de l’UE et les non-membres au sein de cette macro-région. Au-delà de l’UE et de son voisinage, des organisations macro-régionales du monde apparemment stables sont également en mutation. Ces transformations de l’ordre macro-régional mondial et l’évolution des significations de l'”Europe”, de l’UE et des relations avec ses “voisins” sont au centre de ce projet.

Dans ce contexte, nous proposons d’explorer les imaginaires géographiques de la forme socio-spatiale de cette macrorégion et les espaces d’interaction en son sein, en nous concentrant sur cinq pays clés dans et autour de l’UE : l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Tunisie et la Turquie. Ensuite, trois niveaux d’analyse géopolitique seront couverts : les systèmes d’enseignement supérieur, les acteurs politiques, les médias. Ce faisant, nous contribuerons aux débats académiques contemporains sur la macro-régionalisation, l’européanisation, la sociospatialité de l’UE, son identité et son rôle international – y compris les relations avec son voisinage et la forme socio-spatiale d’une macro-région (européenne) plus large autour d’elle. Plus concrètement, nous poursuivons deux ambitions clés. Premièrement, nous visons à développer un compte rendu comparatif complet et double des imaginaires géographiques dominants entre cinq pays et trois niveaux d’analyse géopolitique décisifs pour la formation de ces imaginaires. Deuxièmement, et en plus de la production académique, nous avons l’intention de ne pas seulement étudier les agents géopolitiques à ces niveaux, mais de travailler activement avec eux pour développer collectivement des visions sur la future forme socio-spatiale de la macro-région. En tant que telle, la collaboration avec des collègues chercheurs, des groupes de réflexion, des acteurs politiques et des journalistes est une partie essentielle et durable de ce projet qui assure une large visibilité publique et une forte adhésion politique grâce à l’inclusion de ces agents dans le processus de recherche.


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