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Géomédia 1 – Une cartographie géomédiatique de la crise tunisienne

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2.4. Synthèse – Les trois Tunisies

Typologie économique et sociale des régions de Tunisie en 2004
Carte réalisée par Timothée Giraud (CIST)
Typologie économique et sociale des régions de Tunisie en 2004
Carte réalisée par Timothée Giraud (CIST)

À l’aune de 9 grands critères de développement, les régions tunisiennes se regroupent aisément en trois grands types que l’on peut noter A, B et C, pour parodier les agences de notation.

• Les régions de type A sont les régions métropolitaines centrales (Tunis, Sfax, Sousse et Monastir) à haut niveau d’éducation et de développement, source de tous les espoirs mais aussi de toutes les rancoeurs pour les migrants pauvres de l’intérieur qui, comme Mohamed Bouazizi, n’y ont trouvé ni emploi, ni logement, ni espoir de promotion sociale.

• Les régions de type B sont les régions semi-périphériques du littoral et du Sud à développement fondé sur le tourisme et l’industrie, avec une variante plus dynamique (B.1) et une variante plus vulnérable face au chômage et aux reconversions (B.2).

• Les régions de type C sont les régions périphériques rurales de l’intérieur, sans accès direct au littoral et sans atouts industriels ou touristiques. Régions rurales à faible niveau d’éducation, faible niveau d’équipement, faible ouverture sur l’international, elles cumulent tous les handicaps et ont été de ce fait soumises à un très fort exode migratoire. Il convient toutefois de distinguer la zone intérieure nord (C.1) (Kendouba, Béja, El Kef, Siliana, Zaghouan) qui a connu très tôt cet exode vers Tunis au point de perdre une grande partie de sa vitalité démographique. Et la zone intérieure sud (C.2) (Kasserine, Kairouan, Sidi Bouzid) qui a été soumise plus tardivement à l’exode vers la côte et qui est actuellement le dernier réservoir démographique de jeunes dans une Tunisie en pleine phase de vieillissement.

Claude Grasland (CIST)

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