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Date

25 septembre 2015 // 08:30 – 17:00

Lieu

bât. Olympe de Gouges, campus Paris Diderot
8 rue Albert Einstein 75013 Paris France






Cette journée d’études se tient en salle 267

Trois axes de questionnement principaux se dégagent, proposant les trois axes thématiques de la journée :
– Alors que la notion de circulation apparaît comme porteuse de la possibilité infinie de mouvement, comment, au niveau individuel et social, se négocient intentionnalité de circulation et succession d’opportunités ou d’obstacles, attendus ou inattendus, au déplacement ? Si la notion de transit (Streiff-Fénart J., Segatti A., 2012) s’est imposée pour qualifier à la fois des moments et des lieux d’attente ou d’arrêt, elle est liée à la figure de la frontière (que le lieu du transit se situe effectivement ou non sur une frontière) (Doraï K., Puig N., 2012), et à la possibilité, supposée ou réelle, de poursuite du mouvement à court ou moyen terme. L’objectif est d’interroger ici des « moments » d’arrêt de la circulation, qui ne sont pas liés à des situations de frontière : autrement dit, comment les migrants négocient-ils leur place, au sens de temporalités et de spatialités originales, quand le champ de contraintes les conduit à renoncer, temporairement ou définitivement, au mouvement ? Il s’agit ainsi d’adopter une posture critique face à la notion de circulation en l’ancrant plus particulièrement dans ce moment non seulement d’arrêt de la migration, mais aussi de renoncement à la possibilité même d’une poursuite, même temporaire, du mouvement ? Ce moment plus ou moins durable est-il forcément synonyme de renoncement ou bien constitue-t-il le reflet de nouvelles opportunités de vie ?
– Si l’arrêt du déplacement conduit à introduire dans la réflexion l’émergence d’un processus d’installation, celui-ci ne peut être envisagé uniquement sous l’angle d’une relation de contrainte et réaction à la contrainte. L’hypothèse est que la mise en œuvre d’une réflexion sur la notion de retour, permet d’une analyse de situations de contrainte, au sens où elle autorise la réintroduction de la possibilité du choix et de l’autonomie face à ces mêmes contraintes. Pour engager cette réflexion, il peut être opportun d’interroger la distinction entre deux termes exprimant un champ d’actions et de significations ayant trait au retour : d’une part, que signifie retourner ? Et d’autre part quel sens donner au fait de revenir ? « Retourner » et « revenir » peuvent-ils constituer des pratiques et représentations originales du mouvement comme de l’installation ?
– Que ce soit dans la circulation, le transit ou dans la fin du mouvement, certains lieux ou espaces relationnels – systèmes de lieux – constituent des contextes sociaux plus ou moins attractifs ou répulsifs. Certaines situations migratoires (camps de transit, d’attente, d’habitat temporaire, lieux de coprésence, institutions collectives…) sont ainsi créatrices de stabilité sociale ou affective offrant à ces lieux des perspectives d’ancrage inattendues. Ainsi, comment revisiter les notions classiques de champ et de filière migratoires au prisme de ces effets de lieux qui contingentent les parcours migratoires individuels ou collectifs, les contraignant ou les facilitant ? Plus largement, quels sont les lieux qui se construisent autour du fait de transiter/ retourner et/ou de revenir ? Dans ce contexte contemporain de limitation des mobilités, le retour n’est-il pas amené à changer de sens dans la construction des trajectoires individuelles, s’appuyant à la fois sur des lieux et des acteurs jusque là inédits dans le champ d’analyse des migrations internationales ?

A partir de situations migratoires diverses, d’expériences de recherche, l’objectif est de susciter une réflexion collective sur les catégories d’analyse des migrations internationales dans le contexte contemporain.

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