dossier thématique GlocalMap

Premiers résultats de l’enquête GlocalMap

La perception des échelles territoriales de l’action publique en France

La décentralisation et la construction européenne ont entraîné l’affirmation de nouveaux échelons d’action publique (les intercommunalités, les régions, l’Union européenne) qui s’ajoutent aux niveaux traditionnels (les communes, les départements et l’État) sans les faire disparaître. La structure multiniveau qui en découle induit une complexification de la gouvernance territoriale. Face à une telle mutation, le thème de la simplification est souvent invoqué depuis une vingtaine d’années, sans que les partisans d’une telle orientation ne parviennent à obtenir de résultats significatifs. Le désaccord avec les promoteurs du statu quo a créé une controverse durable qui interroge l’opinion publique. Au-delà du cercle des élus et des leaders d’opinion, la question de la réforme territoriale se pose à l’ensemble des citoyen·ne·s, dans un contexte où la défiance vis-à-vis des institutions politiques n’a sans doute jamais été aussi forte. Engager « un nouvel acte de décentralisation », comme le souhaite le président de la République suite à la crise des « gilets jaunes » et au « grand débat », rend plus que jamais nécessaire l’amélioration de la connaissance des représentations et des attentes sociales de la population en matière de gouvernance territoriale. Évidemment, les Français·es ne sont pas d’accord entre eux&elles sur les niveaux territoriaux qu’ils/elles voudraient voir renforcés, diminués ou supprimés. Pas plus qu’ils/elles ne sont d’accord sur les limites idéales de l’Union européenne (UE), sur le choix de leur capitale régionale ou sur la liste des villes dans lesquelles ils/elles aimeraient vivre ou pas.

Complexité infinie des opinions et représentations des Français·es sur les échelles territoriales ? Un échantillon représentatif de la population française interrogé au cours de l’automne 2017 permet d’identifier différentes tendances qui remettent en cause certaines hypothèses sur l’articulation du local et du global, les multiterritorialités ou le rescaling. Celui-ci est défini comme une transformation simultanée de la gouvernance et de la perception des territoires sous l’effet de la mondialisation néolibérale qui entraînerait un court-circuitage généralisé des échelons intermédiaires d’organisation sociale et politique, et en particulier de l’État (Badie, 2014 ; Brenner, 2004 ; Vanier, 2009).

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