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Premiers résultats de l’enquête GlocalMap

5. Satisfaction face aux limites de l’Union européenne ?

Environ deux personnes sur cinq (38 %) ne sont pas satisfaites de la composition de l’Union européenne. Elles souhaitent voir sortir certains pays membres (notamment les anciens pays socialistes) et – plus rarement – élargir l’UE à de nouveaux pays (la Suisse et la Norvège en particulier). Le fait de poser la question à l’aide d’une liste de noms ou d’une carte interactive modifie légèrement les réponses mais pas la tendance générale à souhaiter un repli sur l’Europe de l’Ouest.

Une fracture ouest-est ?

Les deux cartes de la figure 5 permettent de constater la grande cohérence dans les réponses entre les deux méthodes utilisées pour l’enquête (carte et liste). D’un point de vue spatial, les enquêté·e·s qui modifient les limites ont tendance à proposer une UE plus petite que l’Union actuelle et tendent à conserver en son sein essentiellement des pays de l’Europe de l’Ouest, notamment les 6 pays fondateurs de l’UE, auxquels s’ajoutent la Grèce, le Portugal, l’Irlande, mais aussi des pays entrés plus tardivement comme l’Autriche, la Suède et la Finlande. Les pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, du Caucase sont généralement conservés hors du périmètre de l’UE. En termes d’exclusion, les pays localisés à l’est de l’ancienne frontière orientale de l’Europe des 15 sont retirés de l’Union dans 10 à 50 % des cas, recréant dans une certaine mesure la discontinuité de l’ancien « rideau de fer ». Le cas de la Turquie doit être regardé avec attention : bien qu’étant officiellement un pays reconnu comme candidat à l’entrée dans l’Union européenne, la Turquie est très peu incluse dans l’UE, bien moins que certains pays non-candidats ou candidats bien plus récents comme la Serbie. Cette différence de traitement est notamment visible lorsque les personnes ont été interrogées avec une carte : l’ensemble des Balkans, mais aussi l’Ukraine et la Biélorussie sont plus inclus dans l’UE que la Turquie.

Une Union recentrée sur les pays riches mais sans le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni et la Grèce sont également fréquemment retirés du périmètre de l’Union. Pour le Royaume-Uni, l’enquête a été effectuée en septembre 2017, après le referendum sur le Brexit (juin 2016), mais des enquêtes précédentes au début des années 2010 montraient déjà une tendance minoritaire de personnes souhaitant l’exclusion de ce pays. Pour la Grèce, cette tendance était moins prononcée, mais la crise de la dette grecque (2010-2015) a pu contribuer à faire douter les Français·es de l’opportunité de conserver la Grèce au sein de l’UE. Enfin, en termes d’inclusion, les principaux ajouts concernent des pays riches d’Europe de l’ouest comme la Suisse, la Norvège et l’Islande. Toutefois, on observe également quelques tendances, moins prononcées, à l’inclusion à l’est de pays des Balkans, mais aussi de la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie et enfin la Russie. C’est l’un des cas dans lesquels on remarque de légères différences dans les réponses selon la méthode d’interrogation utilisée.

Malgré quelques ajouts, les enquêté·e·s ayant émis le souhait de modifier les limites de l’UE privilégient donc une Union recentrée sur les pays les plus riches de l’Europe de l’ouest (à l’exclusion notable du Royaume-Uni) et semblent par là-même vouloir revenir à la configuration d’une Union européenne à 15 pays qui prévalait avant le grand élargissement à 25 pays en 2004, puis 27 pays en 2007 (Fig. 5).

Dossier du CIST n° 7 - Figure 5. Fréquence d inclusion dans l Union européenne
Figure 5. Fréquence d’inclusion dans l’Union européenne * par les personnes ayant souhaité modifier les limites de l’UE
Lecture : à partir d’une carte, 10 à 25 % des personnes interrogées incluent la Serbie dans l’Union européenne ; à partir d’une liste, elles sont de 0 à 5 % à le faire

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