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Une soixantaine de personnes ont assisté à la deuxième AG du CIST (la première, qui avait fondé le GIS, avait eu lieu fin 2009). L’objectif était de se mettre d’accord sur ce que devrait être la deuxième phase du GIS, dont la convention a été renouvelée pour quatre ans, et qui doit renouveler ses instances (bureau, conseil scientifique).

L’AG a adressé dix questions aux membres du GIS. Le document ci-dessous reprend à la fois les positions défendues par le bureau du GIS et le conseil scientifique ainsi que les propositions faites au cours de l’AG et à la suite de celle-ci par courriel (au 14/04/2014).

  • 1. Comment porter l’interdisciplinarité au niveau le plus prometteur, c’est-à-dire au-delà des SHS ?

    – L’ambition du CIST est d’associer à terme quatre grands domaines scientifiques pour constituer les sciences des territoires : sciences sociales, santé & médecine, sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur.
    – Le constat actuel (inscription au colloque, axes) est celui d’un centrage majoritaire sur les sciences sociales même si des liens se tissent petit à petit, comme dans l’axe « Territoires et santé » (géographie, médecine, économie) ou l’axe « Médias et territoires » (géographie, sciences des médias, informatique).
    – Un certain nombre de disciplines commencent à jouer le rôle d’interfaces privilégiées entre les quatre grands domaines ciblés, telles que la démographie, l’agronomie, la statistique et la modélisation mathématique, etc.

  • 2. Sur le plan théorique, comment progresser vers la « méta-science » des territoires sur laquelle le premier colloque international du CIST avait mis l’accent ?

    – Un questionnaire pourrait être envoyé aux membres du CIST pour savoir comment le territoire est mobilisé sur un certain nombre de questions de société clés : objets, concepts, méthodes, données, ouvrages ; on pourrait en présenter les résultats lors du prochain colloque.
    – Plus que jamais, il faut recenser les expériences internationales autour de projets homologues de celui du CIST : Societa dei territorialisti en Italie (http://www.societadeiterritorialisti.it/), Sciences des territoires du Québec, association de science régionale…
    – Ne pas négliger les approches théoriques et épistémologiques visant à formaliser les concepts et objectifs centraux de la science ou méta science des territoires.

  • 3. Quelle reformulation des axes existants, quels nouveaux axes, quels regroupements d'axes ?

    – Proposition de créer un axe « Consommation et territoire » ; des liens existent déjà sur ce thème entre géographes, gestionnaires, économistes…
    – Axe « Les valeurs et la valeur » (Grégoire Feyt)
    – Pourquoi pas un… « Axe du mal » : finance internationale, déterritorialisation, paradis fiscaux… le CIST doit poser les grandes questions sociétales ayant une dimension territoriale (Christophe Terrier)
    – Il faut renforcer les relations inter-axes (Alia Gana)
    – Ne faut-il pas regrouper les axes autour des trois piliers du CIST  (théorie, information territoriale, demande sociale) ? Le reste (axes actuels et nouveaux thèmes) serait une série d’objets ou thématiques. L’accent mis sur les trois piliers faciliterait à la fois l’interaction entre les chercheurs du CIST, et la progression théorique des sciences du territoire (Claude Grasland)
    – Les axes ont l’intérêt d’être peu contraignants, il faut laisser cette souplesse, marque du CIST. Les échanges interdisciplinaires, notamment au sein des SHS, sont forts dans les axes ; il faut rester souple dans la création des axes pour que cet échange se fasse facilement.
    – La pratique de « pouponnière » (identification d’axes nouveaux, qui peuvent prendre du temps avant de se renforcer et conduire à des publications interdisciplinaires communes) est un élément de liberté et une philosophie à préserver.
    – Cette souplesse doit être préservée. Et il faut davantage toucher, dans les activités des axes, les acteurs du territoire. Cela suppose des actions spécifiques afin de les mobiliser, les fidéliser, et communiquer avec eux (Petia Koleva).

  • 4. Comment faire du CIST un outil pour une meilleure mutualisation des bases de données et un échange accru en matière de méthodes dans le traitement des données territorialisées ?

    – Dans l’hypothèse où l’on réorganiserait les axes autour des trois piliers du CIST, l’information territoriale deviendrait un axe structurant des activités du CIST, à la fois en termes de bases de données mais aussi et surtout en termes de méthodes et d’outils voire de concepts opérationnels et d’analyse des problèmes juridiques.
    – L’axe actuel « Information territoriale locale » pourrait être rapidement complété par un axe « Information territoriale globale » en faisant l’hypothèse que c’est aux deux échelles extrêmes que se posent les questions théoriques et politiques les plus intéressantes.
    – Compte tenu de l’expérience engrangée par le CIST dans les bases de données et les recherches couvrant l’Europe et son voisinage (sud et est), ne serait-il pas opportun de faire de cet espace d’étude un lieu privilégié de mutualisation des outils et méthodes, débouchant sur des réalisations concrètes (atlas interactif, MOOC…).

  • 5. Comment mieux valoriser les moyens du GIS dans le réseau ?

    – Les moyens du GIS CIST sont limités et se composent du temps de travail des trois ingénieurs (administration-gestion, communication-web, cartographie-analyse spatiale) d’une part et des crédits de fonctionnement offerts par les tutelles d’autre part.
    – Les crédits de fonctionnement destinés au travail des axes et au montage des colloques ou séminaires sont en forte réduction (-50 à -80% selon les tutelles) ce qui réduit la marge de manœuvre pour aider les axes à se réunir et faire avancer le projet de sciences des territoires.
    – À mesure que des équipes de diverses régions françaises (Normandie, Grenoble, Poitiers…) entrent dans le GIS, l’éloignement géographique oblige à inventer des manières de travailler nouvelles
    – Il faut faire circuler géographiquement les colloques, séminaires… au-delà de Paris et de la France.

  • 6. Faut-il réduire ou au contraire poursuivre dans la voie (efficace) de l’aide apportée par le GIS à la réponse à appels d’offres (lorsque plusieurs équipes et disciplines sont mobilisées) ?

    – Si un ou deux chercheurs par équipe veulent en joindre d’autres pour répondre à un appel d’offres, l’outil CIST est très utile. Dans le cas où une seule équipe veut répondre, appliquer le principe de subsidiarité et ne pas répondre au nom du CIST.
    – Les directeurs de laboratoire doivent donner leur avis sur ce point et fixer une règle commune pour la période 2014-2018, en concertation avec les tutelles du CIST (CNRS, Paris 1, Paris Diderot).
    – Compte tenu de la faiblesse des ressources propres du GIS CIST (en dehors des personnels permanents), on peut imaginer que le soutien du GIS aux axes (réunions, déplacements…) doit aboutir dans la plupart des cas à la recherche de financements propres complémentaires par les membres des axes, que ces financements soient gérés par le CIST lui-même ou par une autre structure.
    – Ne pas exclure un prélèvement du GIS-CIST (2% ?) sur les contrats qu’il a permis d’obtenir, afin de pouvoir soutenir de nouvelles pistes de recherche qui en sont au stade de l’exploration initiale.

  • 7. Le projet de 4-pages « Recherche et action » est-il la bonne façon d’assurer l’interaction entre chercheurs et acteurs territoriaux ? Quelle stratégie de communication ?

    – Le projet de 4-pages demeure d’actualité pour la période 2014-2018 mais il faut en définir précisément le concept et trouver la formule adaptée.
    – Importance de la recherche-action (Alia Gana)
    – Importance des grandes questions de société pour pouvoir mobiliser les acteurs. Le GIS doit donc s’attaquer à ces questions.
    – Le troisième colloque international du CIST pourrait être centré sur la relation recherche-acteurs, et se tenir à Grenoble (avec une implication particulière de l’UMR PACTE-Territoires).
    – Attention de ne pas limiter un colloque à un seul pilier du CIST. Pourquoi le LIG (grenoblois lui aussi) ne monterait-il pas le colloque avec PACTE ?
    – Acteurs : viser d’abord les collectivités territoriales ; puis le secteur privé (qui est intéressé par les questions de recherche mais aussi par la connexion avec les acteurs publics) (Romain Lajarge)
    – Tout à fait d’accord : organisons un réseau national sur cet aspect, en déclinant peut-être des antennes locales ou régionales – la proximité favorise les échanges interdisciplinaires et les relations avec les acteurs ; il faudrait un petit document mandatant formellement telle partie du CIST pour le faire (Michel Bussi)
    – Faire néanmoins attention à ne pas dissoudre le fonctionnement en réseau national et international qui est l’atout majeur du CIST (Claude Grasland)

  • 8. Dans quelle(s) direction(s) poursuivre l’extension du réseau ? Au niveau national (quelle connexion aux Labex par exemple ?) ; au niveau international, comment, et où (Europe ?) ?

    – Nécessité pour le CIST de nouer des collaborations internationales en bonne et due forme avec les pays qui développent des recherches ayant pour objectif de constituer une science des territoires ou son équivalent. Outre les liens identifiés lors du premier colloque (Québec, Allemagne, Italie), il semble évident que l’Amérique latine qui était massivement présente au second colloque doit faire l’objet d’un partenariat futur.
    – Il faut éviter de se spécialiser dans une aire géographique précise (Euromed, Amérique latine…) faute de quoi le CIST serait en concurrence voire en doublon avec d’autres structures existantes.
    – Il faut réviser la convention du CIST pour permettre d’inscrire officiellement de tels partenariats en ayant des règles assez strictes pour ne pas les multiplier inutilement et en faire de simples affichages.
    – Explorer les structures existantes auxquelles le CIST pourrait participer sans en créer forcément de nouvelles.

  • 9. Comment mieux articuler recherche et formations, notamment au niveau doctoral ?

    – Le CIST n’est pas appelé à se positionner sur l’offre de formation au niveau master mais pourrait se positionner sur la mise en place de formations doctorales, éventuellement diplômantes et internationales.
    – Cela peut passer par la mise en place d’écoles d’étés associant plusieurs équipes de recherches, mais en évitant d’entrer en concurrence avec les projets équivalents portés par des UMR. Comme pour les contrats, il faut appliquer un principe de subsidiarité et ne mobiliser le CIST que dans le cas où il y a une valeur ajoutée à passer par le GIS.
    – Cela peut aussi passer par la création de MOOC ou autres formes d’enseignement à distance. Un enseignement de science des territoires international serait une idée particulièrement intéressante pour construire la science des territoires (collègues québécois intéressés).
    – L’information territoriale pourrait également être un objet de mise en place de sites interactifs de création, visualisation, interprétation de bases de données.

  • 10. Au printemps 2014, le GIS va renouveler ses instances : quelles candidatures, au nom de quel projet ?

    – En pratique, les tutelles du CIST doivent renouveler au plus tard en juin 2014 deux instances aux fonctions différentes :
    (1) le bureau composé d’un(e) directeur(rice) et de trois directeur(rice)s adjoint(e)s doit assurer le fonctionnement général de la structure, répartir les crédits et le temps de travail des ingénieurs entre les différentes priorités, développer une stratégie. Il est nécessaire que les tutelles fondatrices du GIS CIST (CNRS, Paris 1, Paris Diderot) soient représentées dans le bureau dans la mesure où elles offrent les moyens gérés par le CIST.
    (2) le conseil scientifique est composé de membres intérieurs (équipes de recherche du CIST) et extérieurs qui doivent évaluer les résultats des recherches menées, valider la proposition de nouvelles orientations, sélectionner les communications présentées au colloque ainsi que les ouvrages publiés par le CIST, etc. Il est nommé par le comité de direction mais indépendant de celui-ci dans ses décisions, notamment en ce qui concerne la désignation de ses président(e) et vice-président(e).
    – Le CIST recevra les candidatures dans un délai d’un mois après la diffusion du compte-rendu du colloque et de l’AG pour recevoir les candidatures, sachant que ce sera le comité de direction qui tranchera sur la base de l’adéquation entre les personnes proposées et le projet du CIST pour la période 2014-2018.
    – Claude Grasland, professeur à l’Université Paris Diderot et actuellement président du conseil scientifique du CIST a indiqué son intention d’abandonner cette fonction pour rejoindre le bureau comme directeur-adjoint ou directeur.

 

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