[:fr]REMOC – Régionalisations, mondialisations, circulations[:en]REMOC – Regionalisation, Globalisations, Circulations[:]

L’axe REMOC (RÉgionalisations, MOndialisations, Circulations) vise à expliciter les interactions entre flux, réseaux et circulations entendues comme constitutives de la régionalisation et de la mondialisation en intégrant les effets de frontières. Son originalité est de centrer l’étude de ces processus sur les marges actives de l’Europe, de part et d’autre des limites de l’UE, à partir d’une approche par le bas et par les acteurs. Cet axe fait coopérer deux communautés scientifiques à travers un cadre méthodologique commun, celle travaillant sur les mondes méditerranéens et celle qui suit le devenir des Europes médianes, centrales ou orientales.


L’axe REMOC s’inscrit dans la suite de l’axe Régionalisations dans le monde qui pensait les effets des dynamiques de mondialisation et de régionalisation en termes de processus d’intégration régionale abordés transversalement avec des entrées situées : voisinages européens et « Méditerranées » (Baltique, etc.), corridors (y compris asiatiques), etc.
Ce nouveau projet procède du rapprochement entre deux propositions initiales de projets exploratoires : « Europe, marges actives » et « Mondialisations et régionalisations par le bas dans le monde arabe ». Il propose un recentrage géographique sur l’Europe et les espaces circum-européens (Europe orientale ; Méditerranée au sens large : États membres de l’UE en rive nord, pays du Maghreb, Machrek, Moyen-Orient).

REMOC développe une problématique de recherche autour de plusieurs objectifs.
– Il vise à expliciter les interactions entre flux, réseaux et circulations constitutives de la mondialisation en intégrant les effets de frontières dans les processus de régionalisation à l’intérieur ou en dehors de l’UE. En observant les marges actives de l’Europe dans la mondialisation, il s’agira d’explorer des espaces inscrits dans les grands flux (migrations, flux énergétiques par exemple) et dans des processus complexes d’ouverture et de fermeture, mais en marge des intégrations régionales institutionnelles ou partagées entre plusieurs ensembles en cours de constitution. Des thématiques comme l’Europe et ses voisinages, le rôle de la Russie et de ses voisins dans la coopération eurasiatique, le monde arabe et l’influence de la puissance financière des pays du Golfe seront travaillées pour mettre à l’épreuve les processus conjoints de mondialisation et de régionalisation, cela dans une perspective multiscalaire, avec la mise en exergue des espaces emblématiques de ces processus (villes mondiales, métropoles inégales, rôle des zones franches, etc.).
– Il cherche à contribuer à la réflexion sur l’émergence d’une dynamique de l’entre-deux ou de l’intermédiarité pour montrer que certains espaces se placent dans les interstices des flux de la mondialisation ou que, entre l’échelle du micro (le local) et celle du macro (le global), l’échelle méso (celle de la région supra- ou infra-nationale) est partie prenante des dynamiques de mondialisation.

L’axe souhaite privilégier une approche par le bas (circulations des étudiants, de la main d’œuvre, des migrants et de la remise migratoire, flux et routes marchandes, etc.) sans se priver de l’analyse de circulations qui relèvent d’une approche par en haut (Aide publique au développement, IED). L’observation de cette régionalisation par le bas permet de repérer des organisations géoéconomiques inédites, des formes de régionalisation asymétriques, voire inégalitaires. Ce type de régionalisation peut par ailleurs s’articuler à des réseaux multiscalaires de plus longue portée : entre Afrique, Europe et Asie.

Enfin, cet axe aura pour ambition de poursuivre et d’alimenter les bases de données construites dans des programmes de recherche récents (ANR SYSREMO, ESPON ITAN) ou soumis (projet Cartographier le monde) et de développer les réseaux de recherche internationaux de ses membres (GDR Connaissances de l’Europe médiane, GDRI Espaces et Réseaux urbains en Russie et Europe orientale, etc.)

Le pari, qui n’a jamais été relevé en tant que tel, est de conduire cette recherche en faisant coopérer deux communautés scientifiques à travers un cadre méthodologique commun, celle travaillant sur les mondes méditerranéens et celle qui suit le devenir des Europes médianes, centrales ou orientales.

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