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Retenu pour le projet 2019-2023 de la FR CIST, ce projet exploratoire conçu comme la préfiguration d’un axe structurant est prévu pour 3 ans.
Ce nouveau projet exploratoire vise à rapprocher deux champs scientifiques qui, tout en ayant beaucoup en commun, communiquent paradoxalement peu entre eux : en France comme au niveau international, les « migration studies » et les « border studies » constituent des champs théoriques et empiriques peu liés. Par ce rapprochement, le projet participe à la construction théorique de la composante mobile des territoires d’une part et d’autre part à la constitution d’un réseau pluridisciplinaire innovant au niveau international.

Les analyses sur les frontières continuent bien souvent à les présenter comme une ligne-dyade internationale (Foucher, 2012), alors que les études sur les mobilités mettent l’accent sur leur dimension transnationale (Cortès & Faret, 2009). Le lien n’est fait le plus souvent entre ces deux domaines que dans la mesure où l’on considère les entraves à la mobilité appliquées pendant les différentes phases de gestion des frontières (Clochard & MIGREUROP, 2017 ; Schmoll et al., 2015). L’objectif de cet axe est de considérer la dynamique des territoires et leur composante mobile (Amilhat Szary & Giraut, 2015) pour ouvrir la question territoriale à sa dimension extra-nationale.

Pour ce faire, les axes suivants seront développés :
– analyse des acteurs multi-scalaires à l’œuvre dans les processus d’ouverture/fermeture des frontières, externalisation/internalisation des frontières et du contrôle migratoire, aux niveaux régionaux, nationaux, infranationaux (villes notamment) et en mettant l’accent sur le rôle essentiel des acteurs informels ;
– travail sur les représentations, récits, discours (dont les cartes font partie) qui permettent de comprendre la dialectique altérité/identité qui se joue dans les processus migratoires et de construction/déconstruction des frontières (de/rebordering) ;
– exploration de la dynamique spatio-temporelle des phénomènes migratoires et de traversée des frontières aujourd’hui, qui vont bien au-delà de la dualité déracinement/ancrage, pour comprendre désormais des moments de rupture, d’attente, de migrerrance, etc. L’idée est de travailler les notions de transit dans la migration mais aussi d’accueil aux différentes phases des parcours.

Les membres de l’axe portent conjointement le projet de méthodologies sensibles et exploratoires, qui renouvellent les perspectives traditionnelles et l’opposition quali-quanti des sciences du territoire.

Attendus institutionnels

– consolider un réseau informel par son institutionnalisation permettant notamment la réponse conjointe à des AO européens
– constituer une vitrine française des « migration & border studies » à l’international

Attendus scientifiques

– démontrer le bien-fondé de l’hypothèse de naissance de l’axe, à savoir une proximité scientifique heuristique des travaux sur les migrations et les frontières, notamment dans la mesure où ces derniers partagent un rapport ambigu aux découpages territoriaux, du fait de leur analyse de processus mobiles et multi-situés ;
– participer à la construction d’une dimension critique des sciences territoriales ;
– construire l’élargissement du CIST vers les laboratoires de droit et de langue et littérature.

Bibliographie indicative

– Amilhat Szary A.-L., Giraut F. (dir.), 2015, Borderities: The Politics of Contemporary Mobile Borders, Basingstoke, Palgrave Macmillan.
– Brunet-Jailly E. (dir.), 2007, Borderlands: Comparing Border Security in North America and Europe, Ottawa, University of Ottawa Press.
– Clochard O., MIGREUROP, (dir.), 2017 (3e édition), Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires, Paris, Armand Colin.
– Cortès G., Faret L., 2009, Les circulations transnationales. Lire les turbulences migratoires contemporaines, Paris, Armand Colin.
– De Genova N. (dir.), 2017, The borders of « Europe »: autonomy of migration, tactics of bordering, Durham (NC), Duke University Press.
– Foucher M., 2012, L’obsession des frontières, Paris, Perrin.
– Mezzadra S., Neilson B. (dir.), 2013, Border As Method, or, the Multiplication of Labor, Durham (NC), Duke University Press.
– Schmoll C., Thiollet H., Wihtol de Wenden C. (dir.), 2015, Migrations en Méditerranée. Permanences et mutations à l’heure des révolutions et des crises, Paris, CNRS éd.
– Tarrius A., 1989, Anthropologie du mouvement, Caen, Paradigme.