logo


Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Objectifs généraux du projet

Le projet « Politiques de la terre à l’épreuve de l’Anthropocène », auquel le CIST et des équipes du CIST (Géographie-cités, LADYSS, RIATE) sont associés aux côtés d’autres partenaires institutionnels d’envergure (UFR Chimie Paris Diderot, Science Po, IPGP, EHSP…), a été accepté par la COMUE Sorbonne Paris Cité comme l’un des 9 grands sujets sociétaux retenus suite à l’appel à manifestation d’intérêts pour la constitution de programmes de recherche interdisciplinaires lancé au printemps 2013.

Une première expérience sur les séismes

La préparation de ce projet de recherche financé a été l’occasion de mener une expérience conjointe de mesure des séismes du point de vue des sciences sociales et des sciences de la terre. Nous avons tenté sur une période de temps limitée de comparer la liste des tremblements de terre mesurés par les géophysiciens (source : USGS) à la liste des tremblements de terre enregistrés par les trois grandes agences de presse (AFP, AP, Reuters), d’une part, et par une quinzaine de flux RSS collectés par le projet Géomédia d’autre part.

Expérience 1 : Macro-capteurs
Relation entre la puissance des séismes et de leur présence dans les dépêches des grandes agences de presse

L’expérience confirme tout d’abord le lien attendu entre la magnitude géologiques des tremblements de terre et leur couverture médiatique par les agences de presse. Comme on peut le voir sur le carton en bas à droite de la figure, les agences signalent 100% des séismes de niveau 8, 81 % des séismes de niveau 7, 74 % des séismes de niveau 6, etc. Toutefois, l’analyse plus détaillée des résultats (nombre de dépêches) montre que certains séismes à faible densité sont fortement médiatisés, à l’instar de mini-tremblements de terre qui se sont produits dans l’Oklahoma autour de l’exploitation minière des gaz de schistes. On repère aussi des effets de médiatisation à longue distance, notamment avec le séisme du Chili (Iquique) qui est associé à des alertes au tsunami relayées dans tous les pays du Pacifique. Au contraire, un séisme chinois d’intensité plus forte mais se produisant dans la zone déserte du Xinjiang sera beaucoup moins médiatisé. Au final, l’une des découvertes les plus intéressante de ce travail commun aura été de se rendre compte que la magnitude des séismes sur l’échelle de Richter est fondamentalement qualitative (destructions de maison, ressenti des habitants…) et doit être distinguée des mesures proprement physique (intensité mécanique, profondeur…). En ce sens, des mesures objectives de médiatisation des séismes révélant leur impact à moyenne ou longue distance du lieu d’impact sont des mesures du plus grand intérêt pour les sciences de la terre. Il faut donc revenir sur l’asymétrie classique entre des sciences de la terre mesurant objectivement des phénomènes physiques et des sciences humaines tentant d’en évaluer l’impact social.

Projet pour la période 2015-2016 : un baromètre des catastrophes médiatiques

La faiblesse des capteurs de flux RSS, par comparaison avec les agences de presse, constitue ici un avantage précieux si l’on cherche à tracer une géographie des circulations médiatiques et un étalonnage de l’importance des événements internationaux. Par exemple, il apparaît clairement que chaque journal tend à couvrir davantage ce qui est proche que ce qui est éloigné, mais pas forcément selon une géométrie euclidienne (cf. la couverture du journal Argentin qui semble plus basée sur l’appartenance continentale que la distance à vol d’oiseau). Le séisme du Chili est couvert par les trois journaux alors que celui de Chine, pourtant de magnitude plus forte n’est signalé que par le flux RSS du journal indien. Mais le séisme de Grèce est en revanche couvert à la fois par le journal nord-américain et par le journal indien, etc.

Expérience 2 : Micro-capteurs
Comparaison des tremblements de terre enregistrés dans les flux RSS internationaux de journaux (même période)
(1) Buenos Aires Herald – (2) Times of India – (3) New York Times

En savoir plus