logo


Date

30 May 2018 – 1 June 2018






Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Le colloque se tient à l’Universitat de València, Campus Tarrongers (Espagne)

València : une ville à partir de laquelle questionner la restructuration des pouvoirs urbains et des pratiques de l’action publique locale

La trajectoire historique de la ville présente un cas singulier de spirale spéculative et de connivence des cercles politiques, financiers et économiques, particulièrement visible à travers l’appui aux grands projets et à travers l’abandon de critères raisonnés de planification spatiale.
La suspension de plusieurs grands programmes et l’éclatement d’une série de scandales politico-financiers a fait de València un symbole, sinon un icône, de la crise espagnole. Au-delà de cette image médiatique, la ville offre un cadre socio-spatial qui permet d’approfondir la compréhension de la complexité de l’action publique dans un contexte « post-crise ». L’arrivée de nouvelles majorités aux niveaux municipal et régional a suscité de vives attentes sociales et peut entraîner des conflits en matière de priorisation des champs d’action, surtout dans un contexte de financement public défavorable.

Objectifs scientifiques du colloque en 4 sessions

1. Politiques, échelles et nouveaux modèles de mobilité

Mod. Juan Miguel Albertos (Universitat de València) et Nacima Baron (Université Paris-Est)
La réorientation des politiques publiques en matière de déplacement et de mobilité constitue un facteur structurant du renouveau de la démarche planificatrice, surtout si elle est menée dans des périmètres pertinents. Cette relance induit non seulement des choix majeurs en matière technologique, mais ouvre à des visions politiques quant à la forme désirable de l’espace public et à l’organisation des pratiques individuelles et collectives de circulation ou de stationnement. Cette session questionne de manière critique la réalité et la portée des ruptures engagées dans les politiques urbaines de mobilité en particulier en Espagne, avec des ouvertures à la France. Elle s’ouvre à une réflexion sur l’actualisation de la place
et du rôle du mode automobile, et étudie la façon dont s’affirment des modèles alternatifs locaux fondés sur des modes plus doux (le vélo) ou plus collectifs. Elle interroge enfin le sens des combats politiques en cours au plan local en identifiant les acteurs en place, les conflits et les contrepouvoirs qui freinent les transformations attendues, et les limites à une révolution profonde de la culture de mobilité à València et dans les villes au sud de l’Europe.

2. Agir avec les habitants : Innovation sociale et commoning

Mod.: Héloïse Nez (Université de Tours) et Julia Salom (Universitat de València)
La session étudie la manière dont un « commun » se dit, se négocie et se produit – ou non – entre des
acteurs inscrits dans des processus de collaboration démocratique et de participation au niveau local.
Les communications, réalisées à partir d’observations dans des villes portugaises, grecques, italiennes et espagnoles, observent la manière dont se structurent et se socialisent ces collectifs à partir de réseaux formels ou informels. Elles montrent également la manière dont les acteurs construisent, par la sociabilité, des réponses concrètes aux contrecoups de la crise (en particulier du logement) et retravaillent les liens de solidarité, renouvellent les manières d’habiter l’espace privé ou public. Une attention particulière est portée sur les ressources sociales et politiques mises en œuvre mais aussi sur les écueils, les échecs et les ambiguïtés qui affectent les dispositifs d’expérimentation et de médiation lancés par les
municipalités du changement.

3. Régénérer les quartiers… et la planification

Mod : Mathieu Petithomme (Université de Besançon) et Joaquin Farinós (Universitat de València)
La session rassemble des travaux sur l’épuisement des formes et techniques d’organisation de l’espace aux échelles les plus ponctuelles (l’îlot) jusqu’à la région urbaine. Elle rassemble des travaux sur la manière dont les planificateurs tentent de réinsuffler de la continuité, de la cohésion et de la cohérence (à la fois au plan politique et spatial) à partir de réalités urbaines fragmentées, inégales, conflictuelles et contradictoires.
Un premier ensemble de communications porte sur l’application d’un urbanisme réorienté dans ses principes et objectifs, et questionne en particulier la manière d’accompagner la production urbaine sans relancer des processus de réactivation des marchés immobiliers ou de renforcement de la ségrégation, si vifs dans des secteurs littoraux. Un autre ensemble de travaux aborde le champ des « transitions » en matière de régénération de l’espace et les stratégies mobilisées par les autorités pour porter, tout en les redéfinissant, les projets urbains emblématiques des centres dans une perspective de réarticulation spatiale et d’ouverture à des usages.

4. Alimentation, solidarités ville-campagne et contrôle de la croissance métropolitaine

Mod.: Juan Romero (Universitat de València) et Coline Perrin (INRA)
Dans la plupart des régions métropolitaines d’Europe du sud, des dynamiques d’ « industrialisation » de l’agriculture et de la production immobilière, gouvernées depuis des décennies par des forces économiques terriblement puissantes, ont profondément reconfiguré la morphologie et les paysages des espaces ouverts et généré des processus de valorisation/dévalorisation mais aussi de déconnexion/reconnexion avec l’univers urbain. La reconstruction des liens sociaux, spatiaux et économiques entre des réalités si disjointes est aujourd’hui au centre des préoccupations des acteurs territoriaux espagnols. L’alimentation, à la fois comme fonction vitale et comme valeur sociale, constitue un axe fort pour aborder la reconquête des périphéries. Les travaux ancrés dans des contextes italiens, français et espagnols montrent que la réappropriation en cours implique une articulation complexe entre les stratégies politiques et l’orientation des modèles productifs relocalisés.

Cet événement est organisé dans le cadre du programme Métropoles : crises et mutations (MESCRIM – 2017-2019), auquel contribue l’axe Régionalisations dans le monde du CIST. Il étudie les effets socio-spatiaux de la crise et le déploiement d’un urbanisme de l’austérité dans les grandes villes espagnoles. L’objectif principal est d’analyser les transformations socio-spatiales, les nouvelles relations de pouvoir aux échelles locales et les reconfigurations en matière de politique publique à partir de trois contextes, Madrid, València et Barcelona. En centrant les recherches sur les agendas urbains dans les grands domaines de la planification et de l’action publique (logement, mobilité…) mais aussi dans les stratégies mises en œuvre (innovation sociale, action à partir des marges spatiales et sociales), les travaux mettent en lumière, de manière monographique ou comparative, les enjeux en termes de justice spatiale. Le programme est porté conjointement par l’École française de Rome et par la Casa de Velázquez.

En savoir plus